Publié le · Mis à jour :

Attaque au couteau dans un monastère en Pologne : un ou deux prêtres tués, le suspect est un Ukrainien de 31 ans

Le 24 septembre, vers 09h30, un homme de 31 ans, citoyen ukrainien, a attaqué des personnes à coups de couteau sur le territoire du monastère des bénédictines de Jarosław, dans la voïvodie des Basses-Carpates, en Pologne. Un prêtre, puis selon des informations ultérieures un second, ont été tués, et cinq personnes ont été blessées, dont trois prêtres. Le suspect, nommé Igor M., a été arrêté sur place par la police polonaise.

L'essentiel

  • Attaque au couteau le 24 septembre vers 09h30 locales au monastère des bénédictines de Jarosław, voïvodie des Basses-Carpates
  • Suspect : un citoyen ukrainien de 31 ans, identifié comme Igor M., arrêté sur place, couteau saisi
  • Un prêtre tué dans un premier temps ; un second prêtre, Marek Pieńkowski ou Stanisław Zbojnowicz, selon les sources, déclaré mort par la suite
  • Cinq blessés au total : quatre hommes (dont trois prêtres) et une femme ; trois dans un état très grave
  • Arme : un couteau pris dans la cuisine du monastère ; la procureure a démenti les premières informations évoquant une machette
  • Motif inconnu, enquête en cours par la police et le parquet de district de Przemyśl
  • Le suspect serait entré en Pologne depuis l'Allemagne le jour même et ne parlait pas polonais

Pourquoi c’est important

Une attaque meurtrière contre des religieux dans un pays voisin de l'Ukraine, membre de l'OTAN et de l'UE, et commise par un ressortissant ukrainien, intervient dans un contexte de tensions polono-ukrainiennes déjà marquées par une précédente agression au couteau à Wrocław en août et par un sondage IBRiS montrant 67,2 % de Polonais favorables à l'expulsion des hommes ukrainiens sans emploi légal. Avec un ou deux prêtres tués et trois blessés en état très grave, la gravité de l'attaque sur un site religieux et son étiquetage « probable attentat terroriste » par le maire de Jarosław en font un événement à fort poids politique et sécuritaire, qui a suscité des déclarations du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur polonais, de l'ambassade d'Ukraine et du président Zelensky.

Ce qui s’est passé

Le jeudi 24 septembre, vers 09h30 heure locale, un homme de 31 ans, ressortissant ukrainien identifié comme Igor M., a attaqué des personnes à coups de couteau sur le territoire du monastère des bénédictines (abbaye) de Jarosław, dans la voïvodie des Basses-Carpates, en Pologne. Selon les témoins, l'attaque aurait commencé dans la cuisine du monastère puis se serait déplacée vers l'église et un café ; la procureure a indiqué que l'arme était un couteau de cuisine et a démenti les premières informations évoquant une machette. Le suspect, qui ne parle pas polonais et n'était pas résident de Jarosław, serait entré en Pologne depuis l'Allemagne le jour même en direction du poste-frontière de Korczowa sans le franchir ; il a été arrêté sur place par la police et un couteau a été saisi. Une prise de sang a été effectuée pour vérifier la présence d'alcool ou de stupéfiants. Un prêtre a d'abord été déclaré mort, puis un second — Marek Pieńkowski et Stanisław Zbojnowicz, selon la cathédrale de Przemyśl/Rzeszów — a été annoncé décédé par la suite. Cinq personnes ont été blessées au total : quatre hommes, dont trois prêtres, et une femme ; trois d'entre elles se trouvaient dans un état très grave et toutes ont été hospitalisées, dont deux au centre médical de Jarosław. Les enfants présents dans l'abbaye ou à la maternelle du site n'ont pas été blessés. La procureure du district de Przemyśl a ouvert une enquête, dont le motif reste inconnu à ce stade.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

La couverture ukrainienne met fortement en avant la réaction officielle de l'État : la condamnation par l'ambassade d'Ukraine en Pologne et la déclaration du président Zelensky, qui s'est dit choqué et a exigé que l'auteur assume l'entière responsabilité de ses actes. Plusieurs titres insistent sur la nationalité ukrainienne du suspect et sur la dimension consulaire et diplomatique de l'affaire, traitant l'événement autant comme une question de réputation que comme un simple fait divers ; certaines outlets utilisent une qualification morale forte, comme « різанина » (bain de sang), tout en soulignant les condoléances et la coopération avec les autorités polonaises.

Ce qu’en disent les sources internationales

La seule agence anglophone du corpus (APA, Azerbaïdjan) rapporte les faits de manière brève et factuelle, centrée sur la nationalité de l'auteur, le lieu et le bilan, sans la couche diplomatique très présente dans la couverture ukrainienne. La couverture issue de sources polonaises, en revanche, met l'accent sur les réactions officielles polonaises — la rigueur de la loi promise par le Premier ministre Donald Tusk, la confirmation de la détention par le ministre de l'Intérieur Marcin Kierwiński et la qualification de « probable attentat terroriste » par le maire de Jarosław Marcin Nazarewicz, assortie d'un appel à la vigilance — ainsi que sur les détails d'enquête (entrée depuis l'Allemagne, couteau de la cuisine, démenti de la machette) et sur les noms des prêtres tués, tout en donnant la parole à des responsables d'opposition exigeant la divulgation des mobiles. Une partie de cette couverture replace l'attaque dans le contexte d'une précédente agression au couteau par un Ukrainien à Wrocław le 1er août et d'un sondage IBRiS sur l'attitude des Polonais envers les hommes ukrainiens, inscrivant l'événement dans les tensions bilatérales plutôt que comme un fait isolé.

Contexte

Le monastère des bénédictines de Jarosław abrite également une maternelle et accueille des groupes ; les enfants présents le jour de l'attaque n'ont pas été blessés. D'après les enquêteurs, le suspect est entré en Pologne depuis l'Allemagne le 24 septembre, se dirigeait vers le poste-frontière de Korczowa sans l'avoir franchi, ne parlait pas polonais et n'était pas résident de Jarosław. L'arme était un couteau pris dans la cuisine du monastère ; les premières informations évoquant une machette ont été démenties par la procureure. Des témoins ont indiqué que l'attaque avait visé en premier lieu des prêtres dans la zone de la cuisine, puis dans l'église et un café, mais la procureure n'avait pas confirmé officiellement de ciblage spécifique des religieux au moment des faits. Le 1er août, un jeune Ukrainien de 18 ans avait attaqué une Polonaise de 30 ans au couteau à Wrocław dans une affaire classée comme tentative de meurtre, et un sondage IBRiS cité indiquait que 67,2 % des Polonais étaient favorables à l'expulsion des hommes ukrainiens sans emploi légal — éléments contextuels utilisés par une partie de la presse polonaise pour relier l'attaque de Jarosław à une dégradation plus large des relations polono-ukrainiennes.