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L'Ukraine frappe la raffinerie de Moscou : deux unités de distillation hors service

Dans la nuit du 19 au 20 septembre 2026, les forces ukrainiennes ont mené une attaque combinée de drones et de missiles contre Moscou et l'oblast de Moscou, touchant la raffinerie Gazpromneft-Moscou (NPZ) dans le district de Kapotnia. Les deux unités principales de distillation primaire ont pris feu et la raffinerie a entièrement cessé le traitement du pétrole brut. L'état-major général ukrainien estime que les frappes cumulées sur les raffineries russes ont mis hors service plus de 45 % des capacités nominales de raffinage de la Russie.

L'essentiel

  • Frappe nocturne des forces ukrainiennes sur la raffinerie Gazpromneft-Moscou (NPZ) à Kapotnia dans la nuit du 19 au 20 septembre
  • Les unités AVT-6 (53 % des capacités, 21 400 t/jour), l'ensemble combiné Euro+ (47 %, 18 800 t/jour) et une unité d'isomérisation ont été touchées
  • Les deux unités principales de distillation ont pris feu et la raffinerie a entièrement suspendu le traitement du brut
  • Les carburants produits par la raffinerie ne sont plus proposés aux ventes sur la Bourse internationale de marchandises de Saint-Pétersbourg depuis le 21 septembre
  • L'état-major général ukrainien évalue à plus de 45 % la part des capacités nominales de raffinage russes mises hors service au 21 septembre
  • Sobianine évoque la « plus massive » attaque de drones jamais subie par Moscou, avec plus de 1 600 drones interceptés selon les autorités russes (450 à l'approche de la capitale)
  • Les sirènes d'alerte n'ont pas été activées et la population de l'oblast de Moscou n'a pas été prévenue par SMS pendant l'attaque, selon l'ISW

Pourquoi c’est important

La raffinerie de Moscou est l'une des plus grandes de Russie, avec une capacité d'environ 11 à 12 millions de tonnes de pétrole par an, et approvisionne une part substantielle du marché des carburants de la capitale. Sa mise à l'arrêt a donc des effets domestiques immédiats, que les autorités russes chercheront à minimiser. Cumulées aux frappes précédentes sur d'autres sites, les attaques ukrainiennes auraient mis hors service plus de 45 % des capacités nominales de raffinage de la Russie selon Kiev, avec des pénuries signalées d'essence et de gazole de norme Euro-5/K5 sur le marché intérieur russe. La frappe, qui a coïncidé avec le jour du scrutin de la Douma d'État, a aussi été l'occasion pour Kiev de démontrer la portée croissante de ses drones, et pour Volodymyr Zelensky de publiciser son exigence que Moscou mette fin à la guerre, à la veille de sa rencontre prévue avec Donald Trump à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.

Ce qui s’est passé

Dans la nuit du 19 au 20 septembre 2026, les forces ukrainiennes ont mené une attaque combinée de drones et de missiles à grande échelle contre Moscou et l'oblast de Moscou. La raffinerie Gazpromneft-Moscou, située dans le district de Kapotnia, a été touchée : selon des sources industrielles citées par Reuters et l'état-major général ukrainien, les deux unités principales de distillation primaire — AVT-6 (53 % des capacités) et l'ensemble combiné Euro+ (47 %) — ainsi qu'une unité d'isomérisation ont été frappées et ont pris feu. La raffinerie a entièrement suspendu le traitement du brut, et les carburants qui y étaient produits ne sont plus proposés aux ventes sur la Bourse internationale de marchandises de Saint-Pétersbourg depuis le 21 septembre. Des sources industrielles citées par Reuters indiquent que la remise en état pourrait prendre plusieurs semaines. Le maire de Moscou Sergueï Sobianine a affirmé que la « plus massive » attaque de drones contre la capitale avait été repoussée, évoquant plus de 1 600 drones interceptés — 450 à l'approche de Moscou — et liant l'attaque à une tentative de perturber le scrutin de la Douma. Le ministère russe de la Défense a, pour sa part, parlé de plus de 1 900 drones et projectiles interceptés. Le gouverneur de l'oblast de Moscou Andreï Vorobiev a fait état d'au moins deux morts et de plusieurs immeubles résidentiels endommagés. L'entreprise ukrainienne Fire Point a revendiqué l'utilisation de drones FP-1, et des vidéos publiées sur Telegram ont montré le lancement de missiles de croisière FP-5 « Flamingo » durant l'attaque.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

La couverture ukrainienne met l'accent sur l'effet stratégique de la frappe : elle souligne les impacts sur des unités précises de la raffinerie (AVT-6, l'ensemble Euro+ et l'unité d'isomérisation), l'arrêt complet du raffinage, les incendies sur les deux unités de distillation primaire et l'estimation par l'état-major général que plus de 45 % des capacités nominales de raffinage russes sont désormais hors service, avec à la clé des pénuries d'essence et de gazole Euro-5/K5 en Russie. Elle relaie la confirmation publique de Volodymyr Zelensky, qui a exigé que Moscou mette fin à la guerre et annoncé sa prochaine rencontre avec Donald Trump à New York en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Elle insiste sur le fait que les autorités russes n'ont ni déclenché les sirènes ni prévenu la population par SMS pendant cette attaque pourtant présentée comme la plus massive jamais subie par Moscou, et amplifie l'analyse de l'ISW selon laquelle la priorité russe à la participation électorale l'a emporté sur la sécurité des civils — tout en soulignant que les forces ukrainiennes ont visé la stratégie pétrolière et logistique russe et non les bureaux de vote. La couverture crédite par ailleurs plusieurs systèmes d'armes ukrainiens (drones FP-1 de Fire Point, missiles FP-5 « Flamingo », et les drones RZ-100, MICH-2000, « Palianytsia », Vendetta, « Liutyi », « Bars », « Sichen ») dans la frappe sur la région de Moscou et l'oblast de Voronej.

Ce qu’en disent les sources internationales

L'unique article germanophone de la sélection cadre l'événement principalement comme une « attaque ukrainienne majeure » contre Moscou impliquant « des centaines de drones » le jour du scrutin de la Douma, en insistant davantage sur le contexte politique russe que sur les détails techniques de la raffinerie. La couverture internationale, relayée via Reuters et reprise dans les médias ukrainiens, met l'accent sur les effets opérationnels documentés : arrêt complet du traitement du brut, incendies sur les deux unités de distillation primaire, délai de réparation de plusieurs semaines, et absence des carburants de la raffinerie de Moscou sur la Bourse de Saint-Pétersbourg à partir du 21 septembre — des indicateurs de marché concrets plutôt qu'un cadrage politique. Elle transmet sans vérification indépendante les affirmations russes (plus de 1 600 drones abattus, 450 à l'approche de Moscou, plus de 1 900 drones et projectiles interceptés selon le ministère de la Défense) et laisse la déclaration de Sobianine sur le « repoussement » de l'attaque comme une déclaration attribuée. La couverture internationale associe par ailleurs les bilans russes (au moins deux morts dans l'oblast de Moscou, dommages à des habitations) à l'observation analytique de l'ISW selon laquelle l'Ukraine n'a pas délibérément ciblé l'infrastructure électorale, équilibrant impact au sol et mise en garde analytique sur l'intention.

Là où les récits divergent

Les sources russes, à commencer par le maire de Moscou Sergueï Sobianine, présentent la frappe comme la « plus massive » attaque de drones jamais subie par Moscou et affirment qu'elle a été repoussée grâce à l'interception de plus de 1 600 drones (450 à l'approche de la capitale), le ministère russe de la Défense évoquant pour sa part plus de 1 900 drones et projectiles interceptés. À l'inverse, l'état-major général ukrainien, l'entreprise Fire Point, des sources industrielles citées par Reuters et les analystes OSINT d'Astra documentent des impacts sur AVT-6, l'ensemble combiné Euro+ et une unité d'isomérisation, des incendies sur les deux unités de distillation primaire et l'arrêt total du raffinage, avec retrait des carburants de la raffinerie des ventes en bourse à partir du 21 septembre. Sobianine a aussi présenté la frappe comme une tentative de perturber les élections à la Douma, tandis que l'ISW conclut au contraire que les autorités russes ont privilégié la participation électorale sur la sécurité publique en n'activant ni sirènes ni SMS d'alerte, et souligne que les forces ukrainiennes ont visé la stratégie pétrolière et logistique et non les bureaux de vote.

Contexte

La raffinerie Gazpromneft-Moscou exploite deux unités principales de distillation : AVT-6 (21 400 tonnes/jour, soit 53 % des capacités) et l'ensemble combiné Euro+ (18 800 tonnes/jour, 47 %). En 2024, elle a traité 11,6 millions de tonnes de brut (environ 230 000 barils/jour) et produit 2,9 millions de tonnes d'essence, 3,2 millions de tonnes de gazole et 1,3 million de tonnes de bitume. Selon les sources, la frappe a impliqué des drones FP-1, RZ-100, MICH-2000, « Palianytsia », Vendetta, « Liutyi », « Bars » et « Sichen », ainsi que des missiles de croisière FP-5 « Flamingo » — Fire Point revendiquant spécifiquement les impacts de FP-1 sur la raffinerie. Les analystes OSINT comptaient 91 attaques contre diverses raffineries russes depuis le début de l'année 2026, celle du 20 septembre étant la septième du mois. Selon les sondages à la sortie des urnes cités dans la couverture, « Russie unie » menait le scrutin pour la Douma d'État avec environ 49,4 % des voix.