Kushner à Kyiv : l'essentiel d'un accord Ukraine–Russie est prêt, le territoire reste l'obstacle principal
L'émissaire américain Jared Kushner a déclaré le 12 septembre, par visioconférence au forum YES à Kyiv, que la majeure partie d'un accord de paix entre l'Ukraine et la Russie était déjà préparée, la question territoriale demeurant le principal obstacle. Il a indiqué espérer l'annonce de « prochaines étapes » sous deux semaines, après les visites à Moscou et Kyiv des émissaires Witkoff et Kushner les 5 et 6 septembre.
L'essentiel
- Jared Kushner a pris la parole le 12 septembre par visioconférence au forum Yalta European Strategy (YES) à Kyiv.
- Selon lui, l'essentiel d'un accord de paix Ukraine–Russie est déjà prêt ; la question territoriale est l'obstacle restant.
- Poutine a défini la ligne de retrait qu'il exige des troupes ukrainiennes ; l'Ukraine refuse actuellement de s'y conformer.
- Kushner dit chercher une « solution créative » qui ne contredise aucune des deux parties et appelle à des négociations trilatérales (Ukraine, États-Unis, Russie).
- Il espère annoncer les « prochaines étapes » des pourparlers dans les deux prochaines semaines.
- Les 5 et 6 septembre, Steve Witkoff et Jared Kushner ont rencontré Vladimir Poutine à Moscou, puis Volodymyr Zelensky à Kyiv.
- Kyrylo Boudanov, chef du bureau présidentiel ukrainien, affirme que Kiev prépare un nouveau cycle de pourparlers trilatéraux en octobre.
Pourquoi c’est important
La prise de parole publique d'un proche du président américain, décrivant la question territoriale comme l'unique obstacle restant à un accord, fixe fortement les attentes diplomatiques : elle suggère que Washington considère un cadre de paix largement arrêté et qu'il pousse Kiev à consentir à des concessions territoriales. Dans le même temps, la confirmation par Kyrylo Boudanov de la préparation d'un nouveau cycle de pourparlers trilatéraux en octobre ouvre une piste concrète à court terme, alors que la guerre dure depuis plus de quatre ans et que les frappes russes sur les régions ukrainiennes ont repris peu avant le forum.
Ce qui s’est passé
Le 12 septembre 2026, l'émissaire spécial du président des États-Unis Jared Kushner s'est exprimé par visioconférence au forum Yalta European Strategy (YES) à Kyiv. Il a affirmé que la plus grande partie d'un accord de paix entre l'Ukraine et la Russie était déjà préparée et convenue, et que la seule difficulté restante portait sur la question territoriale. Selon Kushner, Vladimir Poutine a défini la ligne jusqu'à laquelle il veut que les troupes ukrainiennes se retirent, ligne que l'Ukraine refuse actuellement d'accepter. Avec Steve Witkoff, il a indiqué chercher une « solution créative » ne contredisant ni Kiev ni Moscou, et souhaiter un retour à un format trilatéral (Ukraine, États-Unis, Russie). Il a espéré pouvoir annoncer les « prochaines étapes » des pourparlers dans les deux prochaines semaines, tout en déclarant que les États-Unis étaient opposés à une « diplomatie de spectacle » et travaillaient principalement par téléphone et en visioconférence. Kushner a par ailleurs qualifié de « très réussies » les visites effectuées à Moscou et à Kyiv les 5 et 6 septembre. Du côté ukrainien, Kyrylo Boudanov, chef du Bureau du président, a déclaré que Kiev préparait un nouveau cycle de pourparlers trilatéraux susceptible de se tenir en octobre. Le prince héritier d'Abou Dabi, Khaled ben Mohammed Al Nahyan, a proposé d'accueillir cette réunion aux Émirats arabes unis. Sur le terrain, des frappes russes ont tué neuf personnes et fait des dizaines de blessés dans plusieurs régions ukrainiennes le samedi du forum.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les médias ukrainiens insistent sur le fait que le nœud du conflit réside dans le refus de Kiev de se retirer jusqu'à la ligne imposée par Moscou, et relaient largement les propos de Kyrylo Boudanov annonçant la préparation de pourparlers trilatéraux en octobre — un signal de disponibilité sans concession territoriale. La presse ukrainienne souligne également les rires dans la salle du forum YES lorsque Kushner a évoqué l'engagement de Poutine à « trouver une voie », traduisant le scepticisme de l'auditoire envers les intentions russes.
Ce qu’en disent les sources internationales
Les agences azerbaïdjanaises et qataries présentent l'événement comme une démonstration d'optimisme porté par les États-Unis : les visites de Witkoff et Kushner à Moscou puis à Kyiv, la perspective de « prochaines étapes » sous quinze jours et la recherche d'une « solution créative ». Ces sources mettent en avant la lecture américaine — un accord largement prêt — et relaient moins la question du refus ukrainien de céder du territoire.
Là où les récits divergent
Plusieurs sources évoquent la tenue d'un nouveau cycle de pourparlers trilatéraux « en octobre », tandis qu'une source précise « début octobre 2026 » ; il s'agit surtout d'une différence de précision sur la date. Par ailleurs, la proposition du prince héritier d'Abou Dabi, Khaled ben Mohammed Al Nahyan, d'accueillir la prochaine réunion trilatérale aux Émirats arabes unis apparaît dans certaines dépêches mais n'est pas reprise de manière uniforme par l'ensemble des sources.
Contexte
Le dernier cycle de pourparlers trilatéraux entre l'Ukraine, les États-Unis et la Russie s'est tenu à Genève en février 2026, selon plusieurs sources. Volodymyr Zelensky a rejeté à plusieurs reprises les ultimatums de Poutine exigeant le retrait des forces ukrainiennes des oblasts de Donetsk et Louhansk. Kyrylo Boudanov avait déjà déclaré que l'Ukraine était prête à mettre fin au conflit mais ne renoncerait pas à ses territoires. La guerre dure depuis plus de quatre ans. Lors de précédents rounds de négociation, les discussions n'avaient abouti qu'à des échanges de prisonniers. Selon plusieurs sources, l'effort diplomatique américain s'était précédemment enlisé en raison de l'attention de Washington portée à la guerre en Iran.