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Le chef du renseignement militaire ukrainien évalue que la Russie peut poursuivre la guerre en 2027 et 2028

Dans un entretien à Ukrinform, le chef du renseignement militaire ukrainien (HUR), Oleh Ivashchenko, a affirmé que la Russie reste susceptible de disposer de ressources suffisantes pour poursuivre la guerre en 2027 et 2028, malgré une économie plus faible qu'au début de l'invasion à grande échelle. Il a détaillé le recours à des mercenaires étrangers de plus de 40 pays, souvent recrutés par tromperie, ainsi que l'épuisement du modèle de recrutement contractuel en Russie.

L'essentiel

  • Le chef du HUR, Oleh Ivashchenko, a livré ces estimations dans un entretien à l'agence Ukrinform.
  • Selon le HUR, la Russie reste probablement capable de financer la guerre en 2027 et 2028, malgré un affaiblissement économique marqué depuis 2022.
  • Les pertes russes quotidiennes (morts et blessés graves) sont estimées par le HUR entre 1 200 et 1 400 personnes, voire 1 500 certains jours.
  • La Russie mobilise des mercenaires étrangers venus de plus de 40 pays — Asie centrale, Afrique, Amérique latine — utilisés en première ligne dans les unités d'assaut.
  • Certains mercenaires sont recrutés par tromperie : ils viennent en Russie chercher un emploi et signent des contrats sans en comprendre la portée.
  • Le modèle russe de recrutement contractuel est largement épuisé et les budgets régionaux ne peuvent plus financer les primes d'engagement, selon le HUR.
  • Pour réduire les ressources russes, Ivashchenko estime nécessaires des sanctions réellement appliquées et la coopération avec les partenaires, notamment contre les sociétés-écrans fournissant composants électroniques, machines-outils et produits chimiques.

Pourquoi c’est important

L'évaluation émanant du chef du renseignement militaire ukrainien fixe l'horizon attendu du conflit à potentiellement deux années supplémentaires, en documentant à la fois la résilience russe et ses points de fragilité — pertes humaines quotidiennes, épuisement du recrutement contractuel, dépendance aux combattants étrangers. Elle identifie aussi les leviers externes : sanctions effectives et contrôle des exportations de composants électroniques, machines-outils et produits chimiques transitant par des sociétés-écrans.

Ce qui s’est passé

Dans un entretien à Ukrinform, le chef de la Direction principale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense (HUR), Oleh Ivashchenko, a dressé un état des lieux de la capacité russe à poursuivre la guerre. Il a estimé que, malgré une économie plus faible qu'au début de l'invasion à grande échelle — marquée par la pénurie de main-d'œuvre, la hausse du déficit budgétaire fédéral et les difficultés du secteur bancaire —, la Russie disposait probablement encore de ressources suffisantes pour mener le conflit en 2027 et 2028.

Le HUR chiffre les pertes russes quotidiennes (morts et blessés graves) entre 1 200 et 1 400 personnes, atteignant parfois 1 500. Pour compenser l'attrition, Moscou s'appuie selon lui sur des mercenaires étrangers provenant de plus de 40 pays — Asie centrale, Afrique, Amérique latine —, employés principalement dans les unités d'assaut et souvent envoyés en première ligne. Une partie est recrutée par tromperie, via des contrats de travail dont certains signataires ne mesurent pas la portée réelle. Le renseignement ukrainien note toutefois que ces combattants étrangers ne résolvent pas le problème structurel de main-d'œuvre russe.

Ivashchenko a également indiqué que le modèle de recrutement contractuel était largement épuisé et que les budgets régionaux ne pouvaient plus soutenir le niveau des primes d'engagement. Selon le HUR, plus de 60 % de la population russe serait opposée à la guerre, un mécontentement susceptible de croître, même si la formation d'un potentiel de protestation suffisant reste incertaine.

Sur le plan des approvisionnements, Ivashchenko a affirmé que le renseignement ukrainien avait identifié les pays et les sociétés-écrans par lesquels la Russie se procure composants électroniques, machines-outils et produits chimiques alimentant son effort de guerre. Il a jugé nécessaire, pour tarir ces ressources, une coopération renforcée avec les partenaires internationaux et des sanctions effectivement appliquées.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Toutes les sources fournies sont ukrainiennes (médias et agence Ukrinform). La couverture se concentre sur les déclarations du chef du HUR Oleh Ivashchenko et sur les actions institutionnelles ukrainiennes, notamment la publication par le ministère des Affaires étrangères, le 16 août, d'une ressource multilingue (anglais, français, swahili) documentant les méthodes de recrutement russes, et l'appel lancé par le président Volodymyr Zelensky en juin à Vladimir Poutine pour qu'il ne prolonge pas la guerre en 2027 et 2028. Les médias ukrainiens présentent l'évaluation comme un cadre à la fois réaliste et mobilisateur : la Russie est plus faible qu'en 2022 mais reste capable de tenir deux années supplémentaires, ce qui rend indispensable l'application effective des sanctions et la coopération avec les partenaires.

Contexte

L'économie russe est aujourd'hui nettement plus faible qu'au début de l'invasion à grande échelle, avec une pénurie de main-d'œuvre, un déficit budgétaire fédéral en hausse et des difficultés dans le secteur bancaire. En juin, le président Volodymyr Zelensky avait publiquement exhorté Vladimir Poutine à ne pas poursuivre la guerre en 2027 et 2028. Le 16 août, le ministère ukrainien des Affaires étrangères a indiqué que la Russie avait recruté au moins 2 982 personnes originaires de 37 pays africains, dont 486 avaient été tuées, et a lancé une ressource en ligne en anglais, français et swahili détaillant les méthodes de recrutement russes. Le 6 septembre, les envoyés spéciaux américains Steve Witkoff et Jared Kushner se sont rendus à Kyiv après avoir rencontré Vladimir Poutine à Moscou ; le 3 août 2026, Zelensky avait déclaré que l'Ukraine ferait tout pour que la Russie mette fin à la guerre avant l'hiver, tandis que Kushner avait jugé la fin du conflit avant l'hiver non garantie.