Le médiateur ukrainien dénonce des conditions de détention « inacceptables » dans un centre de recrutement d’Odessa
Le commissaire aux droits de l’homme du Parlement ukrainien, Dmytro Lubinets, a annoncé avoir constaté de graves violations lors d’une visite de contrôle dans un centre territorial de recrutement et de soutien social (TЦК) du district de Bilhorod-Dnistrovskyï, dans l’oblast d’Odessa. Il prépare des actes de réaction formels pour obtenir la réparation des manquements et l’examen de la responsabilité des responsables.
L'essentiel
- Dmytro Lubinets a effectué une visite de contrôle dans un TЦК du district de Bilhorod-Dnistrovskyï, oblast d’Odessa.
- Des personnes mobilisées étaient détenues dans des sous-sols au sol de béton, dormant sur de vieux lits, parfois sans matelas.
- Des grilles métalliques étaient installées sur les portes des pièces de détention, qualifiées par le médiateur de restriction de liberté.
- L’état sanitaire des toilettes a été jugé insatisfaisant et des ouvertures de ventilation étaient obstruées par des oreillers.
- Des casques et gilets pare-balles étaient stockés dans un garage sans portes, mêlés à de vieux meubles.
- De l’alcool en récipients plastiques a été trouvé sur le site.
- Le médiateur prépare des actes de réaction pour faire corriger les violations et enquêter sur les responsables.
Pourquoi c’est important
En documentant publiquement les conditions prévalant dans un centre de recrutement, le médiateur ukrainien attire l’attention sur des possibles manquements humanitaires dans la prise en charge des citoyens mobilisés : restriction de liberté, hygiène défaillante, équipements de protection mal stockés et présence d’alcool. L’annonce d’actes de réaction formels ouvre la voie à des mesures concrètes de responsabilisation et à un débat plus large sur les méthodes de la mobilisation en temps de guerre.
Ce qui s’est passé
Lors d’une visite de contrôle dans un centre territorial de recrutement et de soutien social (TЦК) du district de Bilhorod-Dnistrovskyï, dans l’oblast d’Odessa, le commissaire aux droits de l’homme du Parlement ukrainien Dmytro Lubinets a constaté plusieurs manquements. Des personnes mobilisées étaient détenues dans des sous-sols au sol de béton, dormant sur de vieux lits dont certains sans matelas et se couvrant de draps usés. Des grilles métalliques barraient les portes des pièces de détention, ce que le médiateur qualifie de restriction de liberté. L’état des toilettes a été décrit comme insatisfaisant et des ouvertures de ventilation obstruées par des oreillers ordinaires. Dans la caserne de la compagnie de garde, les pièces étaient surpeuplées avec des lits superposés et des cartons utilisés en guise de tables de chevet. Des casques et gilets pare-balles étaient entreposés dans un garage sans portes parmi de vieux meubles, et de l’alcool en récipients plastiques a été trouvé sur le site. Le commissaire a annoncé préparer des actes de réaction formels pour exiger la correction de ces violations et l’examen des actions des responsables.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les médias ukrainiens, dont Ukrinform, placent la visite au cœur du récit et insistent sur le rôle de l’ombudsman en matière de protection des droits de l’homme dans les institutions de l’État. Le reportage met l’accent sur la nécessité, selon Lubinets, de décisions systémiques de la part du commandant en chef des forces armées sur la conduite de la mobilisation, qui fonctionnent en pratique et pas seulement sur le papier.
Là où les récits divergent
Les sources ne divergent pas sur les constats du médiateur. Ukrinform signale par ailleurs l’ouverture à Odessa d’une procédure pénale au titre de l’article 296 du code pénal contre un groupe de personnes accusées d’avoir jeté des pierres sur le bâtiment d’un autre centre de recrutement. Cette affaire, distincte, n’est pas directement liée aux violations rapportées par le commissaire.
Contexte
Le commissaire aux droits de l’homme du Parlement ukrainien est habilité à effectuer des visites de contrôle dans les institutions de l’État et à émettre des actes de réaction. Les centres territoriaux de recrutement et de soutien social (TЦК) sont chargés, en temps de guerre, du traitement administratif de la mobilisation des citoyens.