Trump appelle Zelenskyy à conclure un accord et à céder la place aux négociations
Le 20 octobre, le président américain Donald Trump a déclaré depuis le Bureau ovale que l'Ukraine et Volodymyr Zelenskyy doivent chercher à mettre fin à la guerre avec la Russie, avertissant que la situation empirera en l'absence d'accord. Il a affirmé que la Russie détient l'avantage sur le champ de bataille, dispose d'un réservoir de manpower quasi illimité et progresse chaque semaine. Trump a également réitéré qu'il était temps pour l'Ukraine d'envoyer quelqu'un d'autre que Zelenskyy à la table des négociations.
L'essentiel
- Le 20 octobre, Donald Trump a appelé l'Ukraine et Volodymyr Zelenskyy à conclure un accord pour mettre fin à la guerre, avertissant que la situation empirerait sans accord.
- Trump a affirmé que la Russie détient l'avantage sur le champ de bataille, progresse chaque semaine et dispose d'un réservoir de manpower largement supérieur à celui de l'Ukraine.
- Trump a réitéré qu'il était temps pour l'Ukraine de placer quelqu'un d'autre que Zelenskyy à la tête des négociations.
- Il a dit que les États-Unis ont accordé à l'Ukraine une aide « colossale » et n'ont reçu en retour « rien d'autre que du diesel coûteux ».
- Trump a affirmé que l'Europe est « fatiguée » des dépenses liées à la guerre.
- Il a cité des estimations mensuelles de pertes militaires comprises entre 27 000 et 34 000 morts, sans source indépendante pour les confirmer.
- Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a évoqué de « récents signes d'agonie » du « régime de Kyiv » ; l'émissaire spécial russe Kirill Dmitriev a répondu à l'appel à remplacer Zelenskyy par un message laconique : « Checkmate ». »
Pourquoi c’est important
Les déclarations de Trump interviennent alors que les relations entre Washington et Kyiv traversent une passe difficile : le président américain exerce une pression publique sur Zelenskyy pour qu'il quitte la table des négociations et accepte un accord, tout en présentant la Russie comme militairement supérieure. Cette escalade verbale s'accompagne, selon plusieurs médias, de gestes concrets de l'administration américaine considérés comme conciliants envers Moscou — allègement des sanctions sur le diesel russe, retard de nouvelles sanctions contre la Russie, accès ukrainien restreint à des systèmes satellitaires et livraisons de missiles intercepteurs différées. Pour l'Ukraine, l'enjeu est de savoir comment répondre à cette pression sans compromettre sa position, tandis que le Kremlin présente ce rapport de force comme une victoire politique.
Ce qui s’est passé
Le 20 octobre, lors d'un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale, Donald Trump a appelé l'Ukraine et Volodymyr Zelenskyy à conclure un accord pour mettre fin à la guerre avec la Russie, avertissant que la situation deviendrait « très mauvaise » sans règlement. Il a affirmé que la Russie détient l'avantage sur le champ de bataille, progresse chaque semaine, a capturé une grande quantité de territoire et dispose d'un réservoir de manpower quasi illimité, face à une Ukraine plus petite qui a subi de lourdes pertes. Trump a répété qu'il était temps pour Kyiv d'envoyer quelqu'un d'autre que Zelenskyy à la table des négociations. Il a également déclaré que les États-Unis ont accordé à l'Ukraine une aide « colossale » et n'ont rien reçu en retour « sauf du diesel coûteux », et que l'Europe est désormais « fatiguée » des dépenses liées à la guerre. Il a cité des estimations mensuelles de pertes militaires oscillant entre 27 000 et 34 000 morts, tout en admettant que ces chiffres ne sont pas vérifiés indépendamment. Trump a enfin réitéré sa version contestée d'un épisode du début de l'invasion de 2022, selon laquelle une colonne russe d'environ 1 000 chars aurait pu atteindre Kyiv en trois à quatre heures si le commandant n'avait pas ordonné de quitter l'autoroute pour des champs boueux — déclarant que la guerre aurait pu se terminer en un jour. La veille, le 19 octobre, il avait déjà publiquement suggéré de remplacer Zelenskyy à la tête des négociations.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
La couverture ukrainienne met l'accent sur la dimension de menace des propos de Trump : l'avertissement de « conséquences très graves » pour l'Ukraine et l'appel à écarter Zelenskyy des négociations sont présentés comme une pression directe sur Kyiv. Plusieurs médias ukrainiens relèvent les réactions du Kremlin — le message « Checkmate » de Kirill Dmitriev et les « signes d'agonie » évoqués par Dmitri Peskov — ainsi qu'un article du Washington Post selon lequel Moscou considère la rupture entre Trump et Zelenskyy comme une victoire politique russe et cherche à obtenir des concessions, notamment sur le Donbass. Les médias ukrainiens soulignent également plusieurs décisions américaines perçues comme défavorables à Kyiv intervenant en parallèle : allègement des sanctions sur le diesel russe, retard de nouvelles sanctions contre la Russie, restriction de l'accès ukrainien à des systèmes satellitaires et livraisons de missiles intercepteurs différées. Certains médias contextualisent ces propos par l'écart entre le chiffre de 350 milliards de dollars d'aide américaine avancé par Trump et le total réel, et notent qu'une part importante des livraisons américaines d'armements est financée par d'autres alliés via le mécanisme PURL.
Ce qu’en disent les sources internationales
Les deux dépêches non ukrainiennes en anglais (agence azerbaïdjanaise) se concentrent étroitement sur l'appel de Trump à remplacer Zelenskyy à la table des négociations et sur sa mise en garde contre une aggravation de la situation, sans développer les réactions du Kremlin, les affirmations de Trump sur la supériorité militaire russe, ni les décisions d'accompagnement de la politique américaine envers Moscou.
Là où les récits divergent
Les sources rapportent les estimations de pertes mensuelles citées par Trump de manière incohérente : les chiffres vont de 27 000 à 34 000 morts par mois, et une formulation distincte évoque 32 000 pertes cumulées russo-ukrainiennes sur le mois écoulé, sans qu'aucune source ne fournisse de vérification indépendante de ces nombres. La durée pendant laquelle la guerre aurait pu se terminer si la colonne russe n'avait pas dévié est également formulée différemment selon les reprises — « quatre heures » dans certains comptes rendus, « un jour » dans d'autres — pour un même récit par ailleurs identique.
Contexte
La veille des déclarations de Trump, le 19 octobre, Zelenskyy a rencontré l'émissaire spécial américain Steve Witkoff à Oslo, où ont été discutés des formats de cessez-le-feu et des garanties de sécurité ; Witkoff devait se rendre à Saint-Pétersbourg le 21 octobre pour y rencontrer la direction russe. Le Washington Post a rapporté que le Kremlin considère la dégradation de la relation entre Trump et Zelenskyy comme une victoire politique et cherche à utiliser la pression américaine pour obtenir des concessions de Kyiv, notamment sur le Donbass. Dix jours après son dernier entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, Trump a annoncé un allègement des sanctions sur les exportations de diesel russe vers le marché mondial, alors que le prix moyen du diesel aux États-Unis atteignait 6,33 dollars le gallon. Trump a par ailleurs avancé à plusieurs reprises un chiffre d'environ 350 milliards de dollars d'aide américaine à l'Ukraine, que plusieurs sources jugent supérieur au total réel. Dmitriev a annoncé que des projets économiques et d'investissement avec la partie américaine — dans l'Arctique, l'énergie et le GNL — étaient en discussion.