Ukraine : 16 milliards de m³ de gaz stockés avant l'hiver, un niveau record depuis 2020
Les réserves souterraines de gaz de l'Ukraine atteignent 16 milliards de mètres cubes avant l'hiver, leur plus haut niveau depuis 2020, selon le dirigeant par intérim de Naftogaz, Serhiy Fedorenko. Le pays se prépare à une saison de chauffage rendue difficile par l'intensification des frappes russes sur les infrastructures énergétiques, tout en proposant à l'UE d'utiliser une partie de ses capacités de stockage.
L'essentiel
- 16 milliards de m³ de gaz sont stockés dans les réserves souterraines ukrainiennes avant l'hiver, un niveau inédit depuis 2020
- Depuis le début de l'année, la Russie a attaqué plus de 400 fois les installations de Naftogaz, deux fois plus que sur l'ensemble de l'année 2025
- Le seuil gouvernemental pour passer l'hiver est fixé à 13,2 milliards de m³ ; la saison précédente avait commencé avec moins de 14 milliards
- Naftogaz a commencé ses achats de gaz plus tôt cette saison et a déjà contracté plus de 1 milliard de m³, dont un quart de GNL
- L'Ukraine dispose du plus grand stockage souterrain de gaz d'Europe, d'environ 30 milliards de m³ de capacité, dont un tiers est proposé à l'UE
- Les pays de l'UE abordent l'hiver avec des stocks légèrement en dessous de 70 % de leur capacité, leur plus bas niveau depuis 2011
Pourquoi c’est important
Avec des réserves supérieures au seuil hivernal de 13,2 milliards de m³ fixé par le gouvernement, l'Ukraine aborde la saison de chauffage avec une marge de sécurité plus importante que l'an dernier, malgré la multiplication des frappes russes sur ses installations énergétiques. Naftogaz a commencé ses achats de gaz plus tôt et a déjà sécurisé plus d'un milliard de mètres cubes, dont un quart de GNL, signe d'une préparation active. En parallèle, Kiev propose à l'UE d'utiliser un tiers de ses capacités de stockage souterrain, soit le plus grand site d'Europe, au moment où les stocks européens sont à leur plus bas depuis 2011. Enfin, la chute de la production industrielle — notamment métallurgique — illustre l'impact économique plus large des attaques sur l'infrastructure énergétique.
Ce qui s’est passé
Les installations souterraines de stockage de gaz de l'Ukraine affichent 16 milliards de mètres cubes de réserves avant l'hiver, leur niveau le plus élevé depuis 2020, selon Serhiy Fedorenko, dirigeant par intérim de Naftogaz, qui a fourni l'information à Reuters. Ces réserves dépassent le seuil gouvernemental de 13,2 milliards de m³ jugé nécessaire pour traverser l'hiver. Depuis le début de l'année, la Russie a attaqué plus de 400 fois les installations de Naftogaz — production, traitement, transport de pétrole et de gaz, ainsi que centrales thermiques dans les régions frontalières —, soit deux fois plus que sur l'ensemble de 2025. Pour cette saison, Naftogaz a anticipé ses achats de gaz et a déjà contracté plus de 1 milliard de m³, dont un quart de GNL, livré via la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie. Après avoir importé un volume record de 7,8 milliards de m³ durant l'hiver précédent à cause du froid et des frappes sur les sites de stockage, l'Ukraine cherche à éviter une telle dépendance cette année. Reuters décrit la saison de chauffage à venir comme potentiellement la plus difficile en près de cinq ans d'invasion à grande échelle.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les sources ukrainiennes présentent l'angle du succès national : les réserves dépassent le seuil hivernal fixé par le gouvernement et Naftogaz met en avant sa préparation anticipée ainsi que la part de GNL dans les importations. Elles insistent sur l'ampleur des attaques russes contre les installations du groupe et sur les mesures de protection prises, dépeignant une mobilisation active plutôt qu'une situation de crise.
Ce qu’en disent les sources internationales
L'article relayé de Reuters replace le niveau des réserves dans le contexte plus large de la guerre et souligne que la saison de chauffage pourrait être la plus difficile depuis le début de l'invasion à grande échelle. Il met en avant la dimension européenne : la proposition de Kiev d'accueillir une partie des réserves de gaz de l'UE, la protection offerte par la profondeur des sites de stockage ukrainiens, et la comparaison avec les niveaux européens, au plus bas depuis 2011.
Là où les récits divergent
Les deux sources ukrainiennes citent Fedorenko avec deux formulations légèrement différentes sur les mesures de protection : l'une indique « Nous renforçons la protection et nous nous enterrons », tandis que l'autre se limite à « Nous renforçons la protection ».
Contexte
L'Ukraine possède la plus grande capacité de stockage souterrain de gaz d'Europe, environ 30 milliards de m³, avec des réservoirs situés à plus d'un kilomètre de profondeur, ce qui, selon Naftogaz, protège le gaz des frappes. Le pays n'achète plus directement de gaz russe depuis 2015 et importe principalement via la Pologne, la Slovaquie et la Hongrie. L'hiver dernier, Naftogaz a importé un volume record de 7,8 milliards de m³ après que le froid et les frappes russes ont vidé les réserves ; la saison précédente avait débuté avec moins de 14 milliards de m³. Les pays de l'UE abordent l'hiver avec des stocks légèrement en dessous de 70 % de leur capacité, leur plus bas niveau depuis 2011, et un déficit hivernal européen pourrait atteindre 14 milliards de m³. Le dirigeant par intérim de Naftogaz estime la consommation ukrainienne de gaz à environ 20 milliards de m³ en 2026 et 21 milliards en 2025, tout en prévenant que les conditions de guerre rendent les prévisions incertaines.