Zaporijjia : des bombes planantes russes frappent un immeuble résidentiel, Zelensky évoque un « remerciement » de Moscou pour la levée des sanctions sur le diesel
Le matin du 10 octobre 2026, les forces russes ont frappé Zaporijjia avec cinq bombes aériennes guidées (KAB), atteignant un immeuble résidentiel de cinq étages. Selon les bilans successifs, le nombre de morts a varié au fil de la journée — de 4 au premier décompte jusqu'à 17 dans les derniers bilans — et plusieurs enfants figuraient parmi les victimes. Le président Volodymyr Zelensky a présenté l'attaque comme la « remerciement » de la Russie à la levée par les États-Unis des sanctions sur les exportations de diesel russe.
L'essentiel
- Le 10 octobre 2026 vers 04h48, les forces russes ont frappé Zaporijjia avec cinq bombes aériennes guidées (KAB), dont l'une a touché un immeuble résidentiel de cinq étages.
- Une section (entrée) du bâtiment s'est partiellement effondrée, avec un effondrement structurel au niveau du deuxième étage.
- Le bilan s'est alourdi toute la journée : 4 morts au premier décompte, puis 5, 7, 8, 11, 12, 15 et jusqu'à 17 selon les sources, dont plusieurs enfants.
- Le ministre de l'Intérieur Ihor Vyhivskyi a fait état de 17 blessés, dont deux dans un état grave, et indiqué que 11 personnes étaient toujours sans nouvelles.
- Le 11 octobre a été déclaré jour de deuil à Zaporijjia.
- Volodymyr Zelensky a déclaré que l'attaque était le « remerciement » de la Russie pour la levée des sanctions sur le diesel russe et a accusé les États-Unis d'avoir utilisé les négociations avec l'Ukraine à Miami comme couverture pour l'accord avec Moscou.
- L'attaque est intervenue au lendemain de l'annonce par Donald Trump d'un accord téléphonique avec Vladimir Poutine sur la fourniture de diesel russe.
Pourquoi c’est important
La frappe a tué des civils, dont plusieurs enfants, dans un immeuble résidentiel d'une grande ville ukrainienne, avec un bilan final allant jusqu'à 17 morts selon les sources. En présentant publiquement l'attaque comme un « remerciement » russe pour la levée des sanctions américaines sur le diesel, Zelensky a porté la crise diplomatique entre l'Ukraine et son principal soutien occidental à un niveau inédit. Le 11 octobre a été déclaré jour de deuil à Zaporijjia, soulignant la gravité du coût civil.
Ce qui s’est passé
Le matin du 10 octobre 2026, vers 04h48, les forces russes ont frappé Zaporijjia avec cinq bombes aériennes guidées (KAB) tirées par l'aviation tactique. La Force aérienne ukrainienne avait signalé vers 05h00 le lancement de KAB en direction de la ville. L'une des bombes a touché directement un immeuble résidentiel de cinq étages, dont une entrée (pidd'ïzd) s'est partiellement effondrée, avec effondrement structurel au niveau du deuxième étage. La ville a été touchée en plusieurs endroits simultanément et des incendies se sont déclarés.
Les sauveteurs ont extrait vivante une femme des décombres et l'ont confiée aux services médicaux d'urgence ; une autre femme, coincée plus de huit heures, a également été sortie vivante par les unités du ministère de l'Intérieur. Les bilans ont évolué au fil de la journée : les premières informations faisaient état de 4 morts et de 3 blessés légers plus 1 hospitalisé ; les mises à jour ultérieures ont successivement porté le nombre de morts à 5, 7, 8, 11, 12, 15 et jusqu'à 17, dont plusieurs enfants. Le ministre de l'Intérieur Ihor Vyhivskyi a fait état de 17 blessés, dont deux dans un état grave, et indiqué que 11 personnes restaient sans nouvelles pendant que les opérations de sauvetage se poursuivaient.
Les informations étaient principalement relayées par le chef par intérim de l'administration militaire régionale de Zaporijjia, Mykhaïlo Semikine, et par le coprésident du Conseil de défense de l'oblast, Ivan Fedorov. Le 11 octobre a été déclaré jour de deuil à Zaporijjia.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les sources ukrainiennes mettent en avant le coût civil — enfants tués, personnes piégées sous les décombres, sauveteurs sortant des survivants des gravats — et adoptent un cadrage moral et émotionnel. Plusieurs médias ukrainiens ouvrent sur la réaction de Zelensky, citant largement sa déclaration selon laquelle la Russie a « remercié » les États-Unis pour la levée des sanctions sur le diesel en bombardant Zaporijjia, présentant la frappe comme une conséquence directe des concessions occidentales à Moscou. La couverture ukrainienne insiste sur les détails locaux : l'immeuble de cinq étages, l'entrée partiellement détruite, le jour de deuil du 11 octobre, et le rôle des responsables régionaux Mykhaïlo Semikine et Ivan Fedorov comme principales sources d'information. De nombreuses sources ukrainiennes resituent la frappe dans la série d'attaques russes répétées contre Zaporijjia au cours des jours et semaines précédents.
Ce qu’en disent les sources internationales
Les deux médias anglophones non ukrainiens (un américain, un hongkongais) inscrivent la frappe dans le cadre plus large du conflit aérien russo-ukrainien et la relient explicitement à l'accord Trump–Poutine sur le diesel, dont ils détaillent les volumes échelonnés (plus de 300 000 tonnes immédiatement, 500 000 tonnes en novembre, 1 million de tonnes ensuite, puis 3 millions de tonnes supplémentaires). Ils soulignent la critique par Zelensky de l'accord américain comme une « décision faible » et son accusation selon laquelle les États-Unis ont utilisé les négociations de Miami avec les négociateurs ukrainiens comme « écran de fumée » pour l'accord avec la Russie. La couverture internationale note le contraste entre cet accord sur le diesel et la loi de sanctions contre la Russie que Trump avait signée le mois précédent, et rappelle le bilan civil cumulé des bombardements russes sur les jours précédents.
Là où les récits divergent
Les sources ne s'accordent pas sur le bilan définitif de la frappe. Le nombre de morts est rapporté successivement à 4, 5, 7, 8, 11, 12, 15 puis jusqu'à 17 selon les sources et le moment du décompte, ces mises à jour reflétant l'évolution de la situation au cours de la journée. Le nombre de blessés varie également selon les sources et le moment : 3 (plus 1 hospitalisé), 4, 7, 10, 11, 14, 16 ou 17. Le nombre d'enfants parmi les tués est donné comme 1, 2 ou 3 selon les sources. Ces divergences traduisent des décomptes effectués à différents stades de l'opération de sauvetage.
Contexte
La Russie a lancé son invasion à grande échelle de l'Ukraine plus de quatre ans et demi avant cette frappe. Au cours des quatre jours précédant l'attaque, les bombardements russes avaient tué plus de 55 personnes à travers l'Ukraine. Zaporijjia avait été frappée à plusieurs reprises dans les jours précédents : le 9 octobre, une attaque près d'une tour d'habitation avait fait un mort et 23 blessés ; le 8 octobre, un drone FPV russe avait touché le bâtiment du Conseil de l'oblast de Zaporijjia ; le 7 octobre, une frappe contre une infrastructure de transport avait restreint la circulation sur le pont Vantovy ; dans la nuit du 6 octobre, une frappe contre un pont sur le Dniepr avait blessé cinq personnes, dont deux employés du Croissant-Rouge. Dans la nuit du 10 octobre, 13 régions ukrainiennes ont été frappées par la Russie, avec des dégâts aux logements, aux infrastructures et aux chemins de fer. Le mois précédent, les États-Unis avaient signé une vaste loi de sanctions contre la Russie visant à limiter les revenus pétroliers et gaziers russes, dans un contraste marquant avec l'accord sur le diesel conclu peu après. La Russie et l'Ukraine sont engagées dans une guerre aérienne à longue portée tandis que leurs armées restent largement dans l'impasse sur la ligne de front.