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Incendie dans une station Starlink en Pologne qui fournit Internet à l'Ukraine : sabotage suspecté

Un incendie s'est déclaré le soir du 23 septembre dans la station au sol Starlink de Wola Krobowska, en Mazovie, exploitée par l'opérateur public polonais Exatel. Les autorités polonaises enquêtent sur un sabotage présumé qui aurait visé à couper l'accès à Internet, y compris pour l'armée ukrainienne. Le service a été rétabli et aucune victime n'est à déplorer.

L'essentiel

  • Incendie le 23 septembre au soir dans la station Starlink de Wola Krobowska (voïvodie de Mazovie, Pologne), qui a endommagé des antennes et un générateur électrique.
  • La station est exploitée par Exatel, opérateur public polonais des télécommunications, et fournit, avec une station similaire près de Kaunas (Lituanie), un accès Internet à une grande partie de l'Europe centrale et orientale, y compris à l'Ukraine.
  • Les autorités polonaises enquêtent sur un sabotage délibéré, en évoquant aussi l'hypothèse d'un court-circuit ; l'enquête est menée par la police et l'Agence de sécurité intérieure (ABW).
  • Le ministre polonais du Numérique Krzysztof Gawkowski a affirmé qu'il existait de fortes indications que le feu était une tentative délibérée de désactiver la station et de couper l'accès à Internet, notamment pour les forces armées ukrainiennes.
  • Le Premier ministre Donald Tusk a qualifié l'incident d'« élément de guerre hybride » ; la responsabilité russe n'a pas été établie, mais plusieurs responsables soulignent une convergence avec une nouvelle doctrine russe d'attaques.
  • Les systèmes ont été remis en service et aucune interruption d'accès à Internet n'a été signalée après l'incendie.
  • La Pologne a investi environ 323 millions de zlotys (plus de 86 millions de dollars) entre 2022 et 2024 dans l'achat de terminaux Starlink pour l'Ukraine.

Pourquoi c’est important

La station touche directement la connectivité de l'Ukraine, y compris sur le front, ainsi qu'une grande partie de l'Europe centrale et orientale. Le fait que le Premier ministre et plusieurs ministres polonais aient publiquement évoqué un sabotage et une guerre hybride donne à l'affaire une dimension sécuritaire et politique qui dépasse le seul incident industriel.

Ce qui s’est passé

Le 23 septembre au soir, un incendie s'est déclaré dans la station au sol Starlink de Wola Krobowska, en voïvodie de Mazovie, exploitée par l'opérateur public polonais Exatel. Le feu a endommagé des antennes et un générateur électrique ; il a été signalé aux secours par le propriétaire du terrain après 21 h 00 et éteint par les pompiers, sans faire de blessé. Trois équipes de pompiers sont intervenues, suivies rapidement par la police et l'Agence de sécurité intérieure (ABW).

Les autorités polonaises envisagent deux hypothèses : un court-circuit sur l'installation électrique et, privilégiée à ce stade, une mise à feu délibérée du coffret électrique. Le ministre du Numérique Krzysztof Gawkowski a affirmé qu'il existait de « fortes indications » que l'acte visait à couper l'accès à Internet, y compris pour les forces armées ukrainiennes, et a parlé de guerre hybride. Le Premier ministre Donald Tusk a confirmé que la station fonctionnait à nouveau normalement tout en qualifiant l'épisode d'élément de guerre hybride, et a souligné que, sans responsabilité russe établie, plusieurs indices renvoyaient à une nouvelle doctrine russe d'attaques. Le ministre de l'Intérieur Marcin Kierwiński a annoncé une enquête approfondie des services d'incendie, de la police et du parquet.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

Les médias ukrainiens, qui ont été la seule source disponible pour cette synthèse, mettent en avant le fait que la station dessert l'Ukraine et évoquent en titre la « coupure de l'accès Internet de l'armée ukrainienne sur le front ». Ils reprennent les déclarations des responsables polonais comme une confirmation d'un acte hostile ciblant la connectivité du pays.

Là où les récits divergent

Les conclusions préliminaires des services polonais n'ont pas tranché entre deux causes possibles : un court-circuit sur l'installation électrique et une mise à feu délibérée du coffret électrique. L'orthographe du nom du ministre polonais du Numérique varie également dans les médias ukrainiens (« Gawkowski » dans la plupart des articles, « Hawkowski » dans l'un d'eux).

Contexte

La station de Wola Krobowska est exploitée par Exatel, opérateur public polonais, et fonctionne en tandem avec une autre station Starlink près de Kaunas, en Lituanie. Elle est en activité au moins depuis 2022 et constitue l'un des nœuds au sol grâce auxquels la connectivité Starlink a été acheminée vers l'Ukraine après le début de la guerre à grande échelle. Le ministre Gawkowski a relevé que le site, privé, ne disposait que d'une vidéosurveillance et d'aucune sécurité physique sur place. L'Agence de sécurité intérieure (ABW) et la police participent à l'enquête.