Dmitriev et l'AfD préparent une rencontre sur la reprise du gaz russe vers l'Allemagne
Kirill Dmitriev, l'envoyé économique en chef de Vladimir Poutine, et la direction du parti d'extrême droite allemand AfD préparent une rencontre, envisagée dès mars 2027, pour discuter de la reprise des livraisons de gaz russe vers l'Allemagne, notamment via Nord Stream. La réunion est conditionnée à un accord-cadre préalable entre la Russie et l'Ukraine et les organisateurs espéraient la participation des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, mais un responsable américain a déclaré à Reuters qu'ils n'avaient pas été informés ni invités.
L'essentiel
- Dmitriev et la direction de l'AfD préparent une rencontre sur la reprise du gaz russe vers l'Allemagne.
- Les participants prévus sont Dmitriev et les coprésidents de l'AfD Alice Weidel et Tino Chrupalla.
- La rencontre est envisagée dès mars 2027, sous réserve d'un accord-cadre de paix entre la Russie et l'Ukraine.
- Les lieux possibles incluent Israël, les Émirats arabes unis et l'Inde.
- Les organisateurs espéraient la présence de Witkoff et Kushner ; un responsable américain affirme qu'ils n'ont pas été informés ni invités.
- L'AfD ne fait pas partie du gouvernement fédéral, ce qui rend toute rencontre largement symbolique.
- Weidel a qualifié l'énergie russe bon marché de « secret du succès allemand ».
- Avant les sanctions de 2022, la Russie fournissait plus d'un tiers du pétrole brut et plus de la moitié du gaz naturel importés par l'Allemagne.
Pourquoi c’est important
Cette rencontre lierait directement un parti d'opposition allemand à un haut émissaire de Poutine dans des discussions sur la levée du cadre énergétique post-2022, y compris la relance de Nord Stream. Elle est explicitement conditionnée à un accord de paix entre la Russie et l'Ukraine, ce qui en fait un élément de la diplomatie plus large de règlement du conflit. L'implication espérée, mais contestée, des émissaires américains Witkoff et Kushner, ainsi que la popularité croissante de l'AfD, en font un sujet de friction transatlantique et un signal politique en Allemagne.
Ce qui s’est passé
Reuters a rapporté que Kirill Dmitriev, l'envoyé économique en chef de Poutine et chef du fonds souverain russe, et la direction du parti allemand d'extrême droite AfD ont entamé les préparatifs d'une rencontre l'an prochain pour discuter de la reprise des livraisons de gaz russe vers l'Allemagne. La réunion, envisagée dès mars 2027, comprendrait Dmitriev ainsi que les coprésidents de l'AfD Alice Weidel et Tino Chrupalla. Les lieux à l'étude incluent Israël, les Émirats arabes unis et l'Inde. Les organisateurs espéraient la participation des envoyés spéciaux américains Steve Witkoff et Jared Kushner, mais un haut responsable américain a déclaré à Reuters qu'ils n'avaient pas été informés et n'avaient pas reçu d'invitation. La rencontre aurait un caractère largement symbolique, l'AfD ne faisant pas partie du gouvernement fédéral allemand. Ni un porte-parole de l'AfD ni un représentant de Dmitriev n'ont accepté de commenter.
Là où les récits divergent
Une source présente le calendrier comme « dès mars » sans préciser d'année, tandis qu'une autre indique « dès mars 2027 ». Par ailleurs, les organisateurs déclarent avoir espéré la participation des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, mais un responsable américain affirme qu'ils n'ont pas été informés de la tenue du sommet et n'y ont pas été invités.
Contexte
Avant les sanctions de 2022, la Russie fournissait plus d'un tiers des importations allemandes de pétrole brut et plus de la moitié de celles de gaz naturel. Les livraisons via les gazoducs Nord Stream ont été interrompues après le début de la guerre à grande échelle. À l'automne 2022, trois des quatre branches de Nord Stream 1 et Nord Stream 2 ont été sabotées ; la police allemande soupçonne deux Ukrainiens. L'AfD est récemment arrivée en tête en Saxe-Anhalt et devait être testée en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où les gazoducs Nord Stream pénètrent sur le territoire allemand. Le député vert Michael Kellner a estimé que la crise énergétique avait coûté 50 milliards d'euros à l'Allemagne, tandis que le député CDU Roderich Kiesewetter a affirmé que la Russie utilisait l'énergie comme outil d'influence hybride. La cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, a mis en garde contre les forces politiques qui « ne voient pas » la menace russe. Dmitriev a participé plus tôt ce mois-ci à une rencontre à Moscou avec les représentants américains Steve Witkoff et Jared Kushner. La Maison-Blanche envisagerait de conclure des affaires avec la Russie même avant la fin des hostilités en Ukraine.