Un drone russe frappe un train Kyiv-Varsovie et une station-service près de la frontière polonaise
Le matin du 13 septembre, un drone russe a touché la locomotive d'un train de passagers Kyiv-Varsowie à environ deux kilomètres de la frontière polonaise, dans l'oblast de Volhynie, tandis qu'un autre drone a frappé une station-service et plusieurs camions près du point de passage frontalier de Yahodyn-Dorohusk. Selon Ukrzaliznytsia et les garde-frontières ukrainiens, aucun passager ni membre du personnel ferroviaire n'a été blessé, car une équipe de surveillance avait alerté l'équipage à l'avance. Le ministre polonais de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz a indiqué que l'espace aérien polonais n'avait pas été violé, mais des chasseurs F-16 et des hélicoptères ont été déployés et des alertes aériennes ont été émises dans les voïvodies de Lublin et des Basses-Carpates.
L'essentiel
- 13 septembre au matin : un drone russe frappe la locomotive du train Kyiv-Varsovie à environ 2 km de la frontière polonaise, dans l'oblast de Volhynie.
- Une équipe de surveillance d'Ukrzaliznytsia a alerté l'équipage à l'avance ; aucun passager ni cheminot n'a été blessé.
- Un drone a aussi touché une station-service et plusieurs camions près du poste-frontière de Yahodyn-Dorohusk ; le bâtiment du point de passage n'a pas été endommagé.
- Les ministres polonais de la Défense et des Armées indiquent qu'aucune violation de l'espace aérien polonais n'a eu lieu ; des chasseurs F-16 et hélicoptères ont néanmoins été déployés.
- Un train diplomatique spécial transportant notamment l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson et le conseiller du chancelier allemand Friedrich Merz, Günter Sautter, a été brièvement arrêté et évacué près de la frontière.
- Le Premier ministre polonais Donald Tusk a convoqué une réunion d'urgence au Centre de sécurité du gouvernement ; le chef de la diplomatie ukrainienne Andrii Sybiha a réclamé un embargo commercial total et des sanctions maximales contre la Russie.
Pourquoi c’est important
La frappe a touché une infrastructure ferroviaire internationale de passagers sur la frontière de l'UE et de l'OTAN, provoquant le décollage de l'aviation militaire polonaise et l'émission d'alertes aériennes dans les voïvodies frontalières. Un train diplomatique affrété transportant des responsables européens de haut niveau, dont l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson et le conseiller du chancelier allemand Friedrich Merz, Günter Sautter, a été brièvement arrêté et évacué à peu près au même moment. Les responsables ukrainiens et polonais ont présenté les attaques comme une provocation directe envers l'UE et l'OTAN, le chef de la diplomatie ukrainienne Andrii Sybiga appelant à des sanctions maximales et le Premier ministre Donald Tusk convoquant une réunion d'urgence des ministres de la Défense et de l'Intérieur.
Ce qui s’est passé
Le 13 septembre au matin, un drone russe a frappé la locomotive d'un train de passagers circulant entre Kyiv et Varsovie à environ deux kilomètres de la frontière polonaise, dans la région de Yahodyn, oblast de Volhynie. Une équipe de surveillance d'Ukrzaliznytsia avait averti la brigade du train à l'avance, et l'ordre d'évacuation a été donné environ quinze minutes avant l'impact : tous les passagers et le personnel ferroviaire ont été évacués à temps et personne n'a été blessé, selon la compagnie. Ukrzaliznytsia a ajouté qu'il s'agissait du deuxième jour consécutif de frappes russes sur le réseau ferroviaire ukrainien.
Un autre drone russe a touché une station-service située près du point de passage international de Yahodyn-Dorohusk. Les débris tombés ont enflammé le bâtiment de la station et plusieurs camions stationnés à proximité ; selon le Service national des garde-frontières, le bâtiment du poste-frontière lui-même n'a pas été endommagé. Toutes les opérations au point de passage ont été suspendues pendant l'alerte aérienne, avant de reprendre en mode normal vers 10 h 00. Le ministre polonais de la Défense Władysław Kosiniak-Kamysz a déclaré que l'espace aérien polonais n'avait pas été violé, mais que les systèmes polonais avaient détecté plus de dix drones à réaction Geran-5 dans l'ouest de l'Ukraine, dont un a frappé à environ 1 km de la frontière et un autre à environ 5 km. Des chasseurs F-16, des hélicoptères et un avion de reconnaissance SAAB ont patrouillé dans l'espace aérien polonais, et des alertes aériennes ont été émises dans les voïvodies de Lublin et des Basses-Carpates avant d'être levées vers 10 h 00.
Un train diplomatique spécial, le « YES Express », qui ramenait de Kyiv vers la Pologne des participants à la conférence de sécurité YES — parmi lesquels l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, le conseiller du chancelier allemand Friedrich Merz, Günter Sautter, le député Bundestag Robin Wagener (Verts), des conseillers à la sécurité d'autres gouvernements européens, des diplomates et des chercheurs — a été immobilisé près de Yahodyn vers 5 h 00 du matin et ses passagers ont été évacués par précaution. Carl Bildt, ancien Premier ministre suédois, a indiqué que l'ordre d'évacuation avait ensuite été annulé et que le train avait pu continuer jusqu'à Dorohusk. Selon Ukrzaliznytsia, il est « assez probable » que ce train diplomatique ait été la cible du drone qui a frappé la locomotive, le train ayant quitté la gare plus tôt que prévu en raison des menaces.
Le Premier ministre polonais Donald Tusk a annoncé la convocation d'une réunion spéciale au Centre de sécurité du gouvernement à 17 h 00 avec les ministres de la Défense et de l'Intérieur ainsi que les services spéciaux. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiga a qualifié les frappes de « terreur de Poutine frappant directement aux portes de l'UE et de l'OTAN » et a appelé à un embargo commercial total et à des sanctions maximales contre la Russie. Le chef de la diplomatie estonienne Margus Tsahkna, dont la délégation était bloquée au poste-frontière de Yahodyn, a également condamné l'attaque.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les sources ukrainiennes — le ministre des Affaires étrangères Andrii Sybiga, le chef du Centre de lutte contre la désinformation du Conseil de sécurité nationale et de défense Andriy Kovalenko, Ukrzaliznytsia et le Service national des garde-frontières — insistent sur le fait qu'aucun passager ni cheminot n'a été blessé grâce à l'alerte préalable de l'équipe de surveillance, et soulignent que le bâtiment du point de passage de Yahodyn n'a pas été touché directement. Elles présentent les frappes comme « la terreur de Poutine qui frappe directement aux portes de l'UE et de l'OTAN » et réclament un embargo commercial total, une interdiction d'entrée complète et des sanctions totales contre le complexe militaro-industriel russe. La couverture met aussi en avant la dimension politique : la présence de Boris Johnson, Günter Sautter et d'autres responsables européens dans le train diplomatique, et inscrit les frappes dans le contexte de deux jours consécutifs d'attaques russes contre les infrastructures ferroviaires et les stations-service ukrainiennes.
Ce qu’en disent les sources internationales
Du côté polonais, l'accent est mis sur le caractère « réel et proche » de la menace pour la Pologne (porte-parole du Commandement opérationnel Jacek Goryszewski), avec des drones frappant des cibles de quelques kilomètres à quelques dizaines de kilomètres de la frontière, tout en soulignant qu'aucune violation de l'espace aérien polonais n'a été enregistrée (ministre de la Défense Kosiniak-Kamysz, Commandement opérationnel). La couverture souligne le décollage de F-16, d'hélicoptères et d'un avion de reconnaissance SAAB, les alertes aériennes dans les voïvodies de Lublin et des Basses-Carpates, et la convocation par le Premier ministre Donald Tusk d'une réunion d'urgence avec les chefs de la Défense et de l'Intérieur.
La dimension internationale du train est également soulignée : PKP Intercity a indiqué qu'aucun des 206 passagers du train Kyiv-Varsovie n'était citoyen polonais et que le train a poursuivi sa route vers Varsovie avec un retard d'environ 370 minutes. Plusieurs reportages, dont ceux du Spiegel et de la BBC, relatent la présence dans le train diplomatique spécial de Boris Johnson, de Günter Sautter, conseiller du chancelier allemand Friedrich Merz, du député écologiste Robin Wagener et d'anciens dirigeants européens comme Carl Bildt, et replacent l'attaque dans le contexte plus large du déploiement par la Russie de nouveaux drones à réaction Geran-5.
Là où les récits divergent
Les sources divergent sur les bilans : la plupart des responsables ukrainiens et polonais affirment qu'il n'y a pas eu de blessés, mais Suspilne, citant des sources, rapporte que deux chauffeurs de camion ont été blessés lors de la frappe près du point de passage de Yahodyn.
Elles divergent aussi sur le train touché : la majorité des comptes-rendus décrivent un drone russe frappant la locomotive du train régulier Kyiv-Varsovie ; Ukrzaliznytsia a ensuite indiqué qu'il était « assez probable » que la cible ait été le train diplomatique, présent à la gare peu avant la frappe ; le Spiegel a précisé que le train diplomatique avait seulement été arrêté et évacué, et que la locomotive touchée appartenait à un autre train sur la même ligne.
Contexte
Ukrzaliznytsia a signalé que la Russie attaquait les infrastructures ferroviaires ukrainiennes pour la deuxième journée consécutive le 13 septembre, après avoir frappé la veille (12 septembre) des stations-service et des installations ferroviaires dans les oblasts de Jytomyr, Rivne et Volhynie. Le Premier ministre polonais Donald Tusk avait indiqué plus tôt que, dans la nuit du 9 au 10 septembre, les services de sécurité polonais et ukrainiens avaient conjointement empêché une menace directe contre l'un des points de passage frontaliers. Le 12 septembre, un drone russe ayant traversé l'espace aérien ukrainien et moldave est entré dans l'espace aérien roumain avant de s'écraser dans le comté de Suceava, et des drones russes ont récemment frappé des points de passage ukrainiens vers la Moldavie et la Roumanie.