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Frappes russes près de la frontière polono-ukrainienne : un train Kyiv-Varsovie touché, un train diplomatique européen à la station quelques minutes plus tôt

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, une attaque massive de drones russes a touché des infrastructures près du poste-frontière de Yahodyn-Dorohusk, à la frontière polono-ukrainienne (oblast de Volyn). Un drone a frappé le moteur d'un train de passagers Kyiv-Varsovie à environ deux kilomètres de la frontière polonaise ; aucune victime n'est à déplorer grâce à une alerte préalable. Une station-service et plusieurs camions ont pris feu. Peu avant, un train diplomatique spécial transportant d'anciens hauts responsables européens se trouvait en gare de Yahodyn. La Pologne a fait décoller des chasseurs, déclenché des alertes aériennes et convoqué une réunion d'urgence à Varsovie.

L'essentiel

  • Un drone russe a frappé le moteur du train Kyiv-Varsovie à environ 2 km de la frontière polonaise, près de Yahodyn (oblast de Volyn) ; aucune victime grâce à une alerte préalable du groupe de surveillance d'Ukrzaliznytsia
  • Le bâtiment du poste-frontière de Yahodyn n'a pas été touché directement ; une station-service voisine et plusieurs camions ont pris feu
  • Un drone a touché un camion à environ 800 m du poste-frontière côté polonais selon la garde-frontière polonaise
  • La Pologne a fait décoller des F-16, hélicoptères et un avion de reconnaissance SAAB ; aucune violation de l'espace aérien polonais n'a été enregistrée
  • Le Premier ministre polonais Donald Tusk a convoqué une réunion d'urgence au Centre de sécurité gouvernemental à 17 h 00, dimanche
  • Un train diplomatique transportant notamment Boris Johnson, Carl Bildt et Günter Sautter (conseiller du chancelier allemand Friedrich Merz) se trouvait en gare de Yahodyn peu avant la frappe ; Ukrzaliznytsia juge très probable qu'il était la cible visée
  • Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriy Sybiha a qualifié les frappes de « terreur de Poutine frappant directement aux portes de l'UE et de l'OTAN » et réclamé un embargo commercial total

Pourquoi c’est important

Les frappes ont endommagé des infrastructures civiles et ferroviaires à environ deux kilomètres d'une frontière d'un État membre de l'OTAN et de l'UE, et un train diplomatique spécial transportant d'anciens chefs d'État et conseillers de plusieurs gouvernements européens se trouvait en gare de Yahodyn peu avant l'impact. Ukrzaliznytsia juge très probable que ce train diplomatique était la cible du drone. La Pologne a fait décoller des chasseurs, déclenché des alertes aériennes dans les voïvodies de Lublin et des Basses-Carpates, et son Premier ministre a convoqué une réunion d'urgence, déclarant que la Pologne ne peut exclure une escalade russe atteignant son territoire dans les semaines et mois à venir.

Ce qui s’est passé

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, une attaque de drones russe massive a visé l'ouest de l'Ukraine. Un drone a frappé le moteur d'un train de passagers Kyiv-Varsovie près de Yahodyn (oblast de Volyn), à environ deux kilomètres de la frontière polonaise. Selon Ukrzaliznytsia, le groupe de surveillance central a détecté le drone à réaction et un signal d'évacuation a été donné environ 15 minutes avant l'impact ; aucun passager ni cheminot n'a été blessé. Le bâtiment du poste-frontière de Yahodyn-Dorohusk n'a pas été touché directement ; une station-service voisine et plusieurs camions garés à proximité ont pris feu sous l'effet de la chute de débris. La garde-frontière polonaise a par ailleurs signalé qu'un drone avait touché un camion à environ 800 mètres du poste-frontière côté polonais. Pendant l'alerte aérienne, les opérations au poste-frontière de Yahodyn ont été suspendues et le personnel mis à l'abri ; le point de passage est ensuite repassé en mode normal vers 10 h 00. En Pologne, des alertes aériennes ont été émises dans les voïvodies de Lublin et des Basses-Carpates, et des F-16, hélicoptères et un avion de reconnaissance SAAB ont été déployés ; selon Varsovie, aucune violation de l'espace aérien polonais n'a été enregistrée. Le Premier ministre Donald Tusk a convoqué une réunion d'urgence au Centre de sécurité gouvernemental à 17 h 00, avec les ministres de l'Intérieur et de la Défense nationale et les services spéciaux. Selon plusieurs sources, un train diplomatique spécial (« YES Express ») transportant notamment l'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson, l'ancien Premier ministre suédois Carl Bildt, le conseiller du chancelier allemand Friedrich Merz Günter Sautter, des députés du Bundestag, des diplomates et des chercheurs revenant de la conférence YES à Kiev, se trouvait en gare de Yahodyn peu avant l'attaque ; Ukrzaliznytsia considère comme très probable que ce train était la cible visée, le train diplomatique étant parti plus tôt que prévu en raison d'ajustements d'horaire liés à la menace permanente de frappes russes.

Ce qu’en disent les sources ukrainiennes

La couverture ukrainienne met l'accent sur le fait que les frappes russes atteignent désormais des infrastructures à la frontière d'un pays membre de l'UE et de l'OTAN, le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha les qualifiant de « terreur de Poutine frappant directement aux portes de l'UE et de l'OTAN » et appelant à un embargo commercial total, à des interdictions d'entrée complètes et à des sanctions pleines contre le complexe militaro-industriel russe. Les sources ukrainiennes soulignent le rôle de la surveillance d'Ukrzaliznytsia : le dispatcheur du groupe de surveillance central a identifié le drone à réaction et un signal d'évacuation a été donné 15 minutes avant l'impact. Ukrzaliznytsia a estimé très probable que la cible du drone était le train diplomatique européen qui avait quitté la gare plus tôt que prévu. La couverture mentionne également les perturbations pour le transport ferroviaire ukrainien, avec des retards sur la direction Dnipro et des services détournés vers Zaporijjia, Kryvyï Rih et Dnipro.

Ce qu’en disent les sources internationales

La presse polonaise présente l'événement avant tout comme une menace sécuritaire pour la Pologne : Tusk a réuni son équipe de sécurité, ordonné une évaluation de la préparation polonaise à d'éventuelles perturbations de drones sur les chemins de fer et les entreprises, et déclaré ne pouvoir exclure que l'escalade russe atteigne le territoire polonais. Les autorités polonaises ont publiquement refusé de confirmer la frappe sur le moteur du train Kyiv-Varsovie, ne confirmant que les frappes près de la station-service et sur un entrepôt de train de marchandises. La presse germanophone et anglophone (Der Spiegel, FT, BBC) insiste sur la dimension diplomatique : la présence à bord du train YES Express de Boris Johnson, Günter Sautter, Carl Bildt et d'autres responsables européens revenant de la conférence YES, et la question de savoir si le train diplomatique était bien la cible. Les voix estoniennes et certains responsables polonais élargissent le cadre aux implications pour l'OTAN et l'UE, le ministre polonais de l'Intérieur Marcin Kierwiński qualifiant la Russie d'« ennemie du monde libre ».

Là où les récits divergent

Les sources divergent sur plusieurs points. Premièrement, sur la frappe du train Kyiv-Varsovie : Ukrzaliznytsia affirme que le moteur a bien été touché à environ deux kilomètres de la frontière, tandis que le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que les autorités polonaises ne pouvaient pas confirmer cette frappe et ne confirmaient que l'attaque près de la station-service et celle d'un entrepôt de train de marchandises sur une voie de garage. Deuxièmement, sur un éventuel impact direct au poste-frontière de Yahodyn : la garde-frontière polonaise (porte-parole Dariusz Sieniecki) signale un drone touchant un camion à environ 800 mètres du poste-frontière, alors que le porte-parole du Service national des gardes-frontières ukrainien Andriy Demchenko affirme qu'il n'y a pas eu d'impact direct sur le bâtiment du poste-frontière de Yahodyn. Troisièmement, sur la cible visée par le drone : Ukrzaliznytsia juge très probable que le train diplomatique spécial était la cible ; Der Spiegel rapporte que la frappe a touché un autre train sur la même ligne et non le train diplomatique lui-même. Quatrièmement, sur la présence de Carl Bildt : certaines sources le décrivent comme passager du même train YES Express que Boris Johnson, d'autres indiquent qu'il n'est pas clair s'il se trouvait sur le même train ou sur un autre.

Contexte

Ukrzaliznytsia a indiqué qu'il s'agissait du deuxième jour consécutif d'attaques russes contre les infrastructures ferroviaires ukrainiennes. Selon Tusk, dans la nuit du 9 au 10 septembre, les services de sécurité polonais et ukrainiens avaient déjà déjoué ensemble une menace directe contre l'un des postes-frontières entre les deux pays. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriy Sybiha a qualifié les frappes de « terreur de Poutine frappant directement aux portes de l'UE et de l'OTAN » et a exigé un embargo commercial total, des interdictions d'entrée complètes et des sanctions pleines contre le complexe militaro-industriel russe. Le ministre polonais de la Défense Kosiniak-Kamysz a déclaré que les systèmes polonais avaient détecté plus de dix drones à réaction Geran-5 en Ukraine occidentale le matin du 13 septembre, avec des impacts à environ 1 km et 5 km de la frontière polonaise. Le vice-ministre polonais de la Défense Cezary Tomczyk a indiqué que 13 impacts avaient été enregistrés en Ukraine occidentale lors de l'attaque de drones du 13 septembre.