Un drone russe frappe le studio de « My — Ukraine » à Kyiv pendant un direct du téléthon
Le 8 septembre, un drone russe de type « Shahed » a touché en plein jour le bâtiment abritant les chaînes « My — Ukraine » et « My — Ukraine+ » à Kyiv, alors que la chaîne diffusait en direct le téléthon national « Yedyni Novyny » (United News). Le newsroom a été partiellement détruit, et des employés des deux chaînes ont été blessés. Le président Zelensky a qualifié la frappe de « nouvelle page de la dégradation russe » et a appelé à une réaction de l'Europe et du monde.
L'essentiel
- Le 8 septembre, un drone russe a frappé le bâtiment des chaînes « My — Ukraine » et « My — Ukraine+ » à Kyiv pendant un direct du téléthon national « Yedyni Novyny » (United News).
- Le newsroom et les bureaux du personnel ont été partiellement détruits ; les secouristes ont éteint l'incendie.
- Zelensky a d'abord fait état de cinq blessés ; le producteur général Yurii Sukhak a indiqué que six employés des deux chaînes avaient été touchés, dont cinq hospitalisés.
- Zelensky a qualifié la frappe de « nouvelle page de la dégradation russe » et a appelé l'Europe et le monde à réagir.
- La chaîne a suspendu son antenne et prévoit une reprise sous un à deux jours ; son créneau dans le téléthon est temporairement repris par d'autres chaînes.
- Le bâtiment, situé dans le quartier de Solomianskyi, avait déjà été endommagé lors d'une attaque massive sur Kyiv dans la nuit du 20 août.
- La frappe est survenue au lendemain d'une attaque combinée massive de missiles et de drones sur Kyiv et après une prétendue « pause » de trois jours dans les frappes, attribuée à Poutine.
- La frappe a été condamnée par l'ambassadrice de l'UE Katherina Maternova, qui a salué dans le même temps la décision de la Commission européenne d'autoriser l'achat par l'Ukraine d'intercepteurs Patriot pour environ 3,2 milliards d'euros.
Pourquoi c’est important
Une frappe russe a directement touché un newsroom en activité pendant un direct, soulevant la question d'une cible délibérée contre des journalistes. Le président Zelensky en a fait un symbole, parlant de « nouvelle page de la dégradation russe », et l'UE a condamné la frappe tout en annonçant dans le même temps le financement d'intercepteurs Patriot pour l'Ukraine. Il s'agit de la deuxième frappe endommageant le même bâtiment en moins de trois semaines, ce qui suggère une récurrence contre cette rédaction. La frappe s'inscrit dans une attaque combinée massive sur Kyiv, au lendemain de visites d'émissaires américains et d'une prétendue « pause » des frappes.
Ce qui s’est passé
Le 8 septembre, en pleine journée, un drone russe de type « Shahed » a frappé le bâtiment abritant les chaînes « My — Ukraine » et « My — Ukraine+ » à Kyiv, pendant que « My — Ukraine » diffusait en direct le téléthon national « Yedyni Novyny » (United News). Le newsroom et les bureaux du personnel ont été partiellement détruits, et l'incendie a été éteint par les secouristes du Service d'urgence de l'État (DSNS), qui ont évacué deux personnes des étages supérieurs. Le bâtiment se trouve dans un centre d'affaires du quartier de Solomianskyi, selon le DSNS. Zelensky a initialement fait état de cinq blessés, en avertissant que le bilan pourrait s'alourdir ; le producteur général Yurii Sukhak a ensuite indiqué que six employés des deux chaînes avaient été touchés, avec des blessures légères à modérées, et la presse de la chaîne a précisé que cinq d'entre eux avaient été hospitalisés. La chaîne a suspendu son antenne et son équipe est passée en télétravail, avec une reprise prévue sous un à deux jours ; son créneau dans le téléthon est temporairement repris par d'autres chaînes. Zelensky a qualifié la frappe de « nouvelle page de la dégradation russe » et a appelé l'Europe et le monde à réagir. La frappe est survenue au lendemain d'une attaque combinée massive de missiles et de drones sur Kyiv dans la nuit du 7 au 8 septembre (missiles Oniks, Iskander-M, S-400, KN-23, Kh-101 et 166 drones de divers types), après des visites à Moscou et à Kyiv des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, et après une prétendue « pause » de trois jours des frappes sur la capitale, attribuée à Vladimir Poutine. La frappe a été condamnée par l'ambassadrice de l'UE Katherina Maternova, qui a saisi l'occasion pour saluer l'approbation par la Commission européenne de l'achat par l'Ukraine d'intercepteurs Patriot pour environ 3,2 milliards d'euros.
Ce qu’en disent les sources ukrainiennes
Les sources ukrainiennes présentent la frappe comme une attaque délibérée contre un newsroom en activité pendant un direct. Zelensky la qualifie de « nouvelle page de la dégradation russe » et la chaîne a diffusé des images pour montrer qu'il s'agissait d'une cible visée, et non d'un dommage collatéral. La couverture se concentre sur la menace pour les journalistes : le producteur général, le directeur du groupe média et le ministère des Affaires étrangères ont fourni les bilans, lancé un appel aux institutions européennes — notamment au Représentant de l'OSCE pour la liberté des médias — et rappelé les statistiques agrégées de médias endommagés et de journalistes tués depuis le début de l'invasion à grande échelle. Plusieurs médias relient la frappe à la visite des émissaires américains et à la prétendue « pause » de trois jours des frappes annoncée par Poutine, suggérant qu'elle est intervenue en contradiction avec cet engagement. La frappe est également replacée dans le contexte de l'attaque combinée massive de missiles et de drones sur Kyiv, avec le détail des districts touchés et des interceptions revendiquées.
Ce qu’en disent les sources internationales
Le cadrage international dans les sources disponibles se résume essentiellement à des prises de position d'acteurs européens. L'ambassadrice de l'UE Katherina Maternova a condamné la frappe comme scandaleuse, affirmé que les rédactions ne sont pas un champ de bataille, et profité de l'occasion pour saluer la décision de la Commission européenne d'autoriser l'achat par l'Ukraine d'intercepteurs Patriot pour environ 3,2 milliards d'euros. Un porte-parole européen des affaires étrangères (cité sous le nom de « Wigand ») a situé la frappe au lendemain du départ des émissaires américains et annoncé une accélération du soutien européen. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte sont cités comme ayant salué la décision sur les intercepteurs Patriot, liant la réponse de défense aérienne à la frappe.
Là où les récits divergent
Le nombre de blessés au bâtiment de « My — Ukraine » varie selon les sources : Zelensky en a d'abord annoncé cinq, tandis que le producteur général Yurii Sukhak a indiqué six employés des deux chaînes blessés, dont cinq hospitalisés selon le service de presse de la chaîne. Les bilans globaux pour Kyiv le 8 septembre divergent également : un premier décompte fait état de 16 blessés et 2 morts, un autre de 10 blessés, et une mise à jour ultérieure de 19 blessés et 3 morts, selon le maire Vitali Klitschko et l'administration militaire de la ville. La liste des districts de Kyiv touchés pendant la nuit du 7 au 8 septembre varie légèrement d'un média à l'autre : Solomianskyi, Podilskyi, Darnytskyi, Holosiivskyi et Shevchenkivskyi pour certains ; d'autres incluent Dniprovs'kyi à la place de Shevchenkivskyi. Enfin, le bâtiment touché est décrit comme le siège de la chaîne « My — Ukraine » par la plupart des médias, tandis que le Service d'urgence de l'État le qualifie plus largement de centre d'affaires du quartier de Solomianskyi abritant les chaînes.
Contexte
« My — Ukraine » est l'une des chaînes participant au téléthon national « Yedyni Novyny » (United News), un programme d'information conjoint en temps de guerre. Le bureau avait déjà été endommagé dans la nuit du 20 août lors d'une attaque russe massive sur Kyiv, avec des vitres soufflées et le newsroom ainsi que les corridors fortement abîmés. L'attaque combinée russe du 7 au 8 septembre sur Kyiv a mobilisé des missiles antinavires Oniks, des missiles balistiques Iskander-M, des S-400, des KN-23, des missiles de croisière Kh-101 et 166 drones de divers types ; 29 sites ont été touchés et des débris sont tombés dans 9 autres, la défense aérienne ukrainienne revendiquant 33 missiles et 142 drones abattus. Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Heorhii Tykhyi, a rappelé qu'environ 30 bureaux de rédaction ou biens de journalistes ont été endommagés, saisis ou détruits depuis le début de l'invasion à grande échelle, et que 21 journalistes sont morts dans l'exercice de leurs fonctions. Dans le même temps, les États membres de l'UE ont approuvé l'achat par l'Ukraine d'intercepteurs Patriot pour environ 3,2 milliards d'euros, dans le cadre d'un mécanisme de crédit européen de 90 milliards d'euros, décision saluée par la Commission européenne et par l'OTAN. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha s'est entretenu le 8 septembre avec la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas au sujet des frappes russes.