La SBU arrête à Kharkiv un couple soupçonné d'espionnage au profit du GRU russe
Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont annoncé le 4 septembre avoir arrêté à Kharkiv un réserviste mobilisé dans une brigade de défense territoriale ainsi que son épouse civile, soupçonnés d'avoir transmis au renseignement militaire russe (GRU) des données sur les positions des forces ukrainiennes, des fortifications et des infrastructures énergétiques. Les deux suspects ont été placés en détention provisoire sans droit de caution et sont inculpés de haute trahison en temps de loi martiale.
L'essentiel
- Le mari avait été mobilisé dans une brigade de défense territoriale des Forces armées ukrainiennes comme soldat réserviste d'une compagnie de réserve.
- Il transmettait au GRU russe les emplacements des unités de défense aérienne, de guerre électronique et des fortifications défendant Kharkiv.
- Il géolocalisait sur Google Maps les centrales thermiques locales et les sous-stations électriques clés alimentant la ville et les districts voisins.
- Il a recruté son épouse civile sans emploi, qui sillonnait la ville pour repérer les bases militaires ukrainiennes avant de transmettre directement les renseignements à un curateur russe.
- L'homme devait suivre une formation d'opérateur de drones et transmettre au GRU les documents reçus pendant la formation.
- L'arrestation a eu lieu lors d'une mission de reconnaissance pour l'homme, à son domicile pour la femme; 12 smartphones, 4 ordinateurs portables et 2 tablettes ont été saisis.
- Les deux suspects sont inculpés en vertu de l'article 111, partie 2 du Code pénal ukrainien (haute trahison en temps de loi martiale) et encourent la réclusion à perpétuité avec confiscation des biens.
Pourquoi c’est important
L'affaire porte sur des informations relatives aux unités militaires ukrainiennes, aux positions défensives et à des infrastructures énergétiques critiques de Kharkiv. Les suspects sont placés en détention sans caution et encourent la réclusion à perpétuité, ce qui illustre la fermeté de la justice ukrainienne face aux accusations de collaboration avec le renseignement russe en temps de guerre.
Ce qui s’est passé
La SBU a annoncé le 4 septembre l'arrestation à Kharkiv d'un réserviste de la défense territoriale et de son épouse civile pour soupçons de transmission d'informations au GRU russe. L'homme, mobilisé puis affecté comme soldat réserviste d'une compagnie de réserve, a fourni des données sur les positions des unités de défense aérienne, de guerre électronique et des fortifications de Kharkiv, et géolocalisait sur Google Maps les centrales thermiques locales et les sous-stations électriques clés. Il a impliqué son épouse, laquelle a d'abord sillonné la ville pour repérer les bases militaires ukrainiennes avant de rendre compte directement à un curateur russe. Une prochaine mission consistait à suivre une formation d'opérateur de drones et à transmettre au GRU les documents obtenus. L'homme a été arrêté lors d'une mission de reconnaissance et son épouse à son domicile. Les perquisitions ont permis la saisie de 12 smartphones, 4 ordinateurs portables et 2 tablettes, régulièrement changés pour préserver la confidentialité des communications. Tous deux ont été inculpés de haute trahison en temps de loi martiale (article 111, partie 2 du Code pénal ukrainien) et placés en détention provisoire sans droit de caution; ils encourent la réclusion à perpétuité avec confiscation des biens.
Ce qu’en disent les sources internationales
La version en langue internationale disponible résume l'arrestation et la coopération présumée avec le renseignement militaire russe, mais avec moins de précisions sur le rôle de l'épouse et sur la chronologie des éléments à charge.
Contexte
Selon la SBU, le réserviste aurait été recruté par l'intermédiaire d'un voisin, professeur d'université à Kharkiv, que l'agence avait démasqué en mars 2024 pour avoir corrigé des frappes russes sur la ville. L'enquête a donné lieu à des perquisitions ayant permis la saisie de plusieurs appareils électroniques présentés comme ayant servi à communiquer avec le renseignement militaire russe.