Budanov révèle des contacts secrets avec le GRU et Wagner et fixe une ligne rouge sur le Donbass
Dans un entretien au New York Times publié vendredi 4 septembre, le chef de l'administration présidentielle ukrainienne Kyrylo Budanov a affirmé avoir entretenu pendant des années des contacts avec le chef du renseignement militaire russe (GRU), l'amiral Igor Kostioukov, ainsi qu'avec l'ancien fondateur de Wagner, Evguéni Prigojine. Il a précisé avoir conseillé au président Volodymyr Zelensky de refuser tout compromis sur le Donbass qui donnerait à la Russie le contrôle formel d'un territoire que son armée n'a pas réussi à conquérir.
L'essentiel
- Budanov dirige la délégation ukrainienne aux négociations avec la Russie.
- Il dit avoir eu des contacts fréquents avec le chef du GRU, l'amiral Igor Kostioukov.
- Les premiers entretiens avec Kostioukov, en 2022 et médiatisés par la Turquie, portaient sur l'ouverture de corridors en mer Noire pour les exportations de céréales.
- Budanov indique avoir échangé régulièrement avec Evguéni Prigojine jusqu'à la mutinerie de Wagner en 2023 et à la mort de ce dernier dans l'explosion de son avion.
- Le dialogue avec Kostioukov s'est poursuivi même après les pertes infligées à ses forces à la cimenterie de Vovtchansk en 2024.
- Il a conseillé à Zelensky de ne consentir à aucun compromis sur le Donbass qui permettrait à la Russie de nouvelles revendications.
- Budanov a déclaré le 28 août que la Russie ne veut pas actuellement arrêter la guerre et qu'il ne faut pas en attendre la fin durant l'hiver à venir.
Pourquoi c’est important
Budanov étant à la tête de la délégation ukrainienne aux négociations avec la Russie, ses déclarations dessinent en creux les lignes rouges de Kyiv et révèlent l'existence d'un canal de discussion parallèle, actif depuis plusieurs années, qui a survécu à des affrontements militaires directs entre les forces ukrainiennes et celles du GRU. Son conseil à Zelensky sur le Donbass fixe explicitement le plafond politique de tout accord sur les deux points les plus épineux du projet de paix : le statut de la centrale nucléaire de Zaporijjia et le contrôle de la partie du Donbass encore tenue par l'Ukraine.
Ce qui s’est passé
Dans un entretien au New York Times publié le vendredi 4 septembre 2026, Kyrylo Budanov, chef de l'administration présidentielle ukrainienne et chef de la délégation ukrainienne aux pourparlers avec la Russie, a affirmé avoir entretenu pendant des années des contacts en coulisses avec le renseignement militaire russe (GRU) et avec Wagner. Il a précisé avoir fréquemment communiqué avec le chef du GRU, l'amiral Igor Kostioukov, dès 2022 – d'abord via une médiation turque sur l'ouverture de corridors céréaliers en mer Noire –, puis sur des questions de prisonniers de guerre, et ce même après les pertes infligées aux forces de Kostioukov lors de l'assaut ukrainien contre la cimenterie de Vovtchansk en 2024. Il a également indiqué avoir échangé régulièrement avec Evguéni Prigojine, fondateur de Wagner, jusqu'à la mutinerie de 2023 et à la mort de ce dernier dans l'explosion de son avion. Sur le fond, Budanov a déclaré avoir conseillé au président Volodymyr Zelensky de refuser tout compromis sur le Donbass qui donnerait à la Russie un contrôle formel sur des territoires que son armée n'a pas réussi à conquérir. Il a ajouté que, même en temps de guerre, des « conversations ouvertes » avec l'adversaire restent utiles, et qu'il était prêt à toute étape mettant fin au conflit pourvu que les conditions soient acceptables pour l'Ukraine. Le 28 août déjà, dans un entretien à Natalia Moseïtchouk, il avait estimé que la Russie ne voulait pas actuellement arrêter la guerre et qu'il ne fallait pas en attendre la fin durant l'hiver à venir.
Ce qu’en disent les sources internationales
La divulgation repose presque entièrement sur l'entretien original accordé par Budanov au New York Times le 4 septembre, que les médias ukrainiens relaient ; aucune source internationale distincte n'est disponible dans l'ensemble fourni pour établir un contraste de cadrage.
Contexte
La première réunion trilatérale Ukraine-Russie-États-Unis s'est tenue les 23-24 janvier 2026, avec une délégation ukrainienne alors conduite par Rustem Oumérov. Un deuxième round a eu lieu à Abou Dabi les 4-5 février 2026. À ce stade, un projet d'accord de paix en 20 points s'était réduit à deux questions non résolues : la gouvernance de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par la Russie et le contrôle de la partie du Donbass encore tenue par l'Ukraine. Budanov est devenu chef de l'administration présidentielle ukrainienne début janvier 2026 et a dit avoir accepté ce poste en partie pour pouvoir mener les négociations. Son premier contact avec Kostioukov, en 2022 et médiatisé par la Turquie, portait sur l'ouverture de corridors en mer Noire pour les céréales. Ses échanges avec Prigojine se sont poursuivis jusqu'à la mutinerie de Wagner en 2023 et à la mort de Prigojine dans l'explosion de son avion. Le 28 août, Budanov avait déjà déclaré que la Russie ne voulait pas mettre fin à la guerre et que celle-ci ne s'achèverait probablement pas durant l'hiver à venir.