Les aéroports de Moscou ferment à nouveau pour la deuxième nuit après l'avertissement de Zelensky
Les aéroports moscovites de Vnukovo et Cheremetievo ont suspendu leurs vols pendant une deuxième nuit consécutive, après les avertissements du président Zelensky sur l'insécurité de l'espace aérien russe pour l'aviation civile. L'Ukraine a officiellement saisi l'OACI pour réclamer une interdiction des vols civils au-dessus de la Russie, tandis que Moscou rejette ces mises en garde.
Pourquoi c'est important
Cet épisode illustre la nouvelle stratégie ukrainienne consistant à utiliser les avertissements sur les risques pour l'aviation civile afin de faire pression sur le secteur aérien russe et de pousser la communauté internationale à interdire les vols au-dessus de la Russie. Il marque aussi une escalade de la bataille réglementaire et informationnelle autour de l'OACI, Ukraine et Russie invoquant toutes deux la Convention de Chicago. Les conséquences se font déjà sentir sur les marchés : les actions d'Aeroflot ont chuté de plus de 5 % et les premières compagnies aériennes refusent les liaisons vers la Russie.
Ce qui s'est passé
Dans la nuit du 3 septembre 2025, les aéroports de Vnukovo et Cheremetievo à Moscou ont de nouveau suspendu l'acceptation et le départ des avions, pour la deuxième nuit d'affilée. Rosaviatsia a imposé des restrictions temporaires sur les aéroports de la région de Moscou, ainsi qu'à Joukovski (Ramenskoïe). Selon les données de Flightradar24, Cheremetievo a enregistré 21 vols annulés et 235 retards, tandis que Vnukovo a comptabilisé 22 annulations et 94 retards. Des restrictions temporaires ont également été imposées aux aéroports de Guelendjik, Sotchi, Penza et Saratov. Le 1er septembre, le président Zelensky avait averti les compagnies aériennes et les assureurs que l'espace aérien russe devenait totalement dangereux pour les avions civils en raison de la guerre déclenchée par Moscou et de l'utilisation de drones par l'Ukraine en représailles. Le 2 septembre, le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha a informé l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) de ces menaces, et le ministre Mykola Kalashnyk a écrit au secrétaire général de l'OACI pour exiger une interdiction totale des vols civils au-dessus de la Russie. En réponse, Rosaviatsia a publié un NOTAM déclarant tout document ukrainien sur l'espace aérien russe juridiquement nul et contraire à la Convention de Chicago. La Russie assure que son espace aérien « reste sûr » et que les vols, y compris ceux de compagnies étrangères, se poursuivent normalement. L'OACI a publié une déclaration appelant les États membres à mieux protéger leurs aéronefs des menaces existant dans les zones de conflit et annoncé la mise à jour de ses manuels de sécurité. Selon un rapport cité par The Atlantic, les propos de Zelensky s'inscriraient dans une opération planifiée d'utilisation d'essaims de drones autonomes pour bloquer les aéroports moscovites.
Où les récits divergent
Les sources divergent sur le nombre de drones interceptés près de Moscou dans la nuit du 3 septembre : le maire Sobyanin est cité comme rapportant à la fois la destruction de 37 drones (jusqu'à 07:20) et celle de 10 drones pendant la nuit. Plus profondément, les officiels russes — Poutine, le ministre des Transports Nikitine, le conseiller Kobyakov et Rosaviatsia — affirment que l'aviation civile russe fonctionne normalement et que l'espace aérien est sûr, tandis que les sources ukrainiennes (Zelensky, Sybiha, Kovalenko du Centre de lutte contre la désinformation, et Kalashnyk) présentent l'espace aérien russe comme dangereux pour les avions civils et appellent à une interdiction internationale des vols au-dessus de la Russie.
Contexte
Le 1er septembre 2025, le président Zelensky avait publiquement averti les compagnies aériennes et les assureurs que l'espace aérien russe devenait totalement dangereux pour les aéronefs civils en raison de l'utilisation de drones par l'Ukraine en réponse à la guerre déclenchée par Moscou. Le 2 septembre, le ministre des Affaires étrangères Sybiha a informé l'OACI de ces risques et le ministre Kalashnyk a écrit au secrétaire général de l'organisation pour réclamer une interdiction complète des vols civils au-dessus de la Russie. Rosaviatsia a répondu par un NOTAM déclarant les documents ukrainiens juridiquement invalides et contraires à la Convention de Chicago. Pendant la même période, le maire de Moscou Sobyanin a signalé des interceptions de drones au-dessus de la capitale, que les autorités russes ont invoquées pour justifier les restrictions temporaires imposées aux aéroports. L'OACI a ensuite publié une déclaration reconnaissant l'accroissement des risques pour l'aviation civile dans les zones de conflit et annoncé la mise à jour de ses manuels.
Sources
- Українська правда — Аеропорти Москви призупиняли роботу другу ніч поспіль після попереджень Зеленського (3 septembre 2026)
- Новинарня — Аеропорти Москви призупиняли роботу другу ніч поспіль після попередження Зеленського (3 septembre 2026)
- Укрінформ — Московські аеропорти закривали другу ніч поспіль після попереджень Зеленського (3 septembre 2026)
- Суспільне Новини — Московські аеропорти другу ніч поспіль призупиняють роботу після попереджень Зеленського (3 septembre 2026)
- ZN.UA — Московські аеропорти другу ніч поспіль призупиняли роботу після попереджень Зеленського (3 septembre 2026)
- hromadske — Фіксує зростання ризиків ураження цивільних літаків. Після звернення України ІКАО оновлює свої рекомендації щодо реагування на загрози (3 septembre 2026)
- ZN.UA — Зміна маршрутів не розвʼязує проблем: ІСАО закликала країни самостійно дбати про безпеку польотів після попереджень України щодо РФ (3 septembre 2026)