Kiev : affrontement armé entre services ukrainiens lors d'une opération antiterroriste liée au FSB

Le SBU ukrainien affirme que ses agents ont été attaqués lors d'une perquisition à Kiev dans le cadre d'une enquête sur un projet d'assassinat planifié par le FSB russe contre un leader d'un mouvement d'opposition russe. Les assaillants, qui ont été maîtrisés et dont certains ont été blessés, appartiendraient à une unité des Forces de défense ukrainiennes. Le chef du Bureau présidentiel, Kyrylo Boudanov, a indiqué que la situation était prise en charge par le BRD et le Bureau du procureur général.

Pourquoi c'est important

L'incident implique un affrontement armé entre des unités des appareils ukrainiens de la sécurité et de la défense pendant une opération antiterroriste sensible, ce qui soulève des interrogations sur la coordination et la supervision entre le SBU, le GUR (renseignement militaire) et les autres unités des Forces de défense. Il est par ailleurs lié à un projet du FSB russe visant à assassiner une figure de l'opposition russe sur le territoire ukrainien, ce qui en accentue la portée politique.

Ce qui s'est passé

Le SBU a annoncé que, lors d'une perquisition menée dans une affaire de préparation par le FSB russe d'un attentat contre l'un des leaders d'un mouvement d'opposition russe, un groupe de personnes a attaqué l'équipe opérationnelle et d'enquête du SBU, bloquant notamment le passage des véhicules des forces de l'ordre. L'unité spéciale « Alpha » du Centre des opérations spéciales du SBU a été appelée en renfort et a fait usage de ses armes contre les assaillants, dont certains ont été blessés avant d'être interpellés. Il s'est avéré que les personnes interpellées appartenaient à l'une des unités des Forces de défense ukrainiennes ; des armes et des documents ont été saisis. Le Bureau du procureur général a ouvert une enquête préliminaire pour menace et attentat contre la vie d'un agent des forces de l'ordre. Le chef du Bureau présidentiel, Kyrylo Boudanov, a déclaré que le BRD et le Bureau du procureur général étaient saisis de l'affaire, et a souligné que « personne n'a le droit d'enlever impunément des militaires, d'ouvrir le feu dans les rues de nos villes, de donner et d'exécuter des ordres criminels ». Le SBU et le GUR du ministère de la Défense avaient par ailleurs déjà déjoué le projet d'attentat du FSB russe contre le leader du mouvement d'opposition nationale russe qui était arrivé en Ukraine à l'occasion du Jour de l'indépendance.

Où les récits divergent

La version officielle du SBU présente l'incident comme une attaque armée de personnes non identifiées contre ses agents lors d'une perquisition, tandis que des médias et des chaînes Telegram ont rapporté qu'il s'agissait d'une fusillade entre des agents du SBU et du GUR. L'avocat de Stepan Kaplounov a affirmé que les forces de l'ordre s'étaient présentées à son domicile pour y « placer des objets interdits » et que ses frères d'armes étaient arrivés ensuite, des coups de feu ayant alors éclaté dans la rue ; il a également déclaré que le conflit opposait des agents du GUR et du SBU. Une autre version, non confirmée officiellement, soutient que l'enlèvement de Kaplounov aurait été mis en scène par le GUR dans le cadre d'une opération spéciale visant à protéger sa vie et à démanteler un réseau d'agents du FSB.

Contexte

Le SBU, conjointement avec le GUR du ministère de la Défense, avait déjà déjoué un attentat planifié par le FSB russe contre un leader d'un mouvement national d'opposition russe venu en Ukraine à l'occasion du Jour de l'indépendance. Le Corps volontaire russe (RDK), présenté dans la presse comme une unité des Forces de défense ukrainienne rattachée au GUR, a été formé en 2022 par des figures issues de l'ultradroite russe. Le 28 août, une chaîne Telegram associée au RDK avait signalé la disparition de Stepan Kaplounov, commandant en second du corps pour les opérations de combat.

Sources